Retour sur 2016

Une année de plus pour Sun Tzu…

Pas de « bêtisier Sun Tzu » en cette période de fêtes, mais une modeste rétrospective de fin d’année.

Comme maintenant chaque année depuis 1999 (à l’exception de 2002 et 2007), 2016 a vu apparaitre une nouvelle version de L’art de la guerre (une traduction de la version anglaise de Lionel Giles de 1910, aux éditions Guy Trédaniel). Quelques autres éditions sont sorties, comme toujours basées sur le texte du père Amiot ou de l’impensé radical. Inutile d’en faire état ici. Le volume d’articles transposant L’art de la guerre aux domaines les plus divers ne s’est quant à lui pas ralenti.

Sans qu’aucune promotion particulière ne soit faite, le fil Twitter Sun Tzu dit a atteint les 4000 abonnés. Rappelons que le 2000e avait été atteint il y a à peine plus d’un an ! Les citations les plus retweetées ont cette année été :

  • « Être obligé de faire preuve de la plus grande cruauté pour se faire craindre de ses hommes est la marque d’une grande incompétence. » (chapitre 9)
  • « Si j’ai décidé de combattre, l’ennemi ne pourra éviter l’affrontement, car je frappe là où il est obligé de se défendre. » (chapitre 6)
  • « La guerre est la grande affaire des nations. On ne saurait la traiter à la légère. » (chapitre 1)

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Un carnet de notes sur le thème de L’art de la guerre

Un très beau carnet de notes

Les éditions Contre-Dires viennent de faire paraître un bloc-notes entièrement accès sur L’art de la guerre de Sun Tzu.

Vendu 12,90 €, l’objet contient de très belles gravures chinoises et des citations de L’art de la guerre. Ces dernières proviennent de différentes traductions (Jean Lévi, père Amiot, traductions de l’anglais, etc.)

Notons qu’un autre carnet de notes était sorti en 2015, avec un concept différent : dénué d’illustrations, ses lignes étaient en réalité le texte complet de L’art de la guerre en version anglaise, écrit en tout petit !

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Quatre bougies et un ralentissement

Quatre ans tout de même !...

Quatre ans tout de même !…

Sun Tzu France fête son quatrième anniversaire !

Nous sommes fiers d’avoir tenu l’aventure de la durée (quatre ans tout de même, cela commence à faire « vieux chêne » dans le monde des blogs…) et de la fréquence : un billet tous les six jours sans interruption – sauf le mois d’août.

La fréquentation a légèrement augmenté depuis l’année dernière. Le profil des personnes qui suivent réellement ce blog (et pas ceux qui y aboutissent suite à une requête Google) nous reste en revanche relativement obscur : qui peut réellement attendre le dernier billet d’un sujet aussi spécialisé et, pire encore, le lire dans son intégralité ?… Si vous faites partie de ce genre de psychopathes, n’hésitez pas à nous contacter : nous sommes réellement intéressés par comprendre ce qui vous intéresse dans ce blog !

Les billets les plus lus cette année ont été :

Durant les 15 jours qui ont suivi les attentats du 13 novembre dernier, la fréquentation du blog s’est fortement accrue ; 100 nouveaux profils sont venus s’abonner à notre fil Twitter Sun Tzu dit et certaines citations se sont vues retweetées un grand nombre de fois. La palme revenant à cette maxime postée le 22 novembre, retweetée 27 fois et mise en favoris sur 17 comptes  :

« Etre obligé de faire preuve de la plus grande cruauté pour se faire craindre de ses hommes est la marque d’une grande incompétence. » (chapitre 9)

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2000e abonné au fil Twitter Sun Tzu dit

La tendance de l’année : Sun Tzu vu comme un guerrier ?

La tendance de l’année : Sun Tzu vu comme un guerrier ?

Le cap du 2000e abonné vient d’être franchi pour notre fil Twitter postant deux fois par jour (à 7h00 et à 17h00) une citation de Sun Tzu.

Alors que la progression du nombre d’abonnés était relativement linéaire depuis sa création en mars 2012, une accélération s’est faite ressentir en début d’année 2015. Les attentats de Charlie Hebdo n’y sont peut-être pas étrangers : pendant plusieurs mois, la majeure partie des nouveaux venus affichait un profil arabo-musulman (alors que les profils non occidentaux provenaient jusque là quasi-exclusivement d’Afrique francophone), dont une frange présentant ouvertement une incitation au jihad.

Doit-on y lire une évolution dans la perception de Sun Tzu ? Depuis sa véritable découverte en Occident, L’art de la guerre s’est essentiellement révélé une source d’inspiration pour l’entreprise et la société civile. Se pourrait-il qu’apparaisse un renouveau du stratège chinois vu comme une icône guerrière ? Après la déferlante d’adaptations à tous les domaines imaginables que nous avons connue ces dernières années, le temps est peut-être venu de publier un « L’art de la guerre pour les militaires » …

Terminons avec les citations les plus retweetées depuis le début de l’année : Continuer la lecture

De l’art de dévoyer Sun Tzu

Il est aisé de détourner le propos de Sun Tzu

Il est aisé de détourner le propos de Sun Tzu

La structure de L’art de la guerre étant totalement chaotique, il convient de comprendre le système suntzéen dans sa globalité pour être certain de ne pas se fourvoyer lorsque l’on en extrait une citation. Nous allons voir à travers un exemple comment un commandement pris isolément peut se voir détourné de sa signification :

« On ne combat pas lorsqu’on n’est pas menacé. » (chapitre 12)

Pris tel quel, il paraît normal de comprendre qu’il ne faut pas déclencher de guerres autres que défensives, et que toute action dont la seule fin serait d’accroître son territoire ou sa puissance serait dès lors proscrite. Or cette assertion de Sun Tzu s’inscrit en réalité dans le cadre plus général de la recommandation au chef militaire et au souverain de savoir maîtriser leurs humeurs et de ne pas se laisser emporter par la colère :

« On n’entreprend pas une action qui ne répond pas aux intérêts du pays, on ne recourt pas aux armes sans être sûr du succès, on ne combat pas lorsqu’on n’est pas menacé. Un souverain digne de ce nom ne lève pas une armée sous le coup de la colère, le véritable chef de guerre n’engage pas la bataille sur un mouvement d’humeur. Ils n’entreprennent une action que si elle répond à leur intérêt, sinon ils renoncent. Car si la joie peut succéder à la colère et le contentement à l’humeur, les nations ne se relèvent pas de leurs cendres ni les morts ne reviennent à la vie. »

Interprétée sous un angle pacifiste, la citation « On ne combat pas lorsqu’on n’est pas menacé » peut donc parfaitement être dévoyée et trahir la pensée originelle de Sun Tzu. L’art de la guerre n’interdit en effet pas de combattre simplement pour accroître son pouvoir (cf. notre billet Pourquoi fait-on la guerre ?). Sun Tzu considère que la guerre fait partie de la nature humaine, et sa recommandation vise ici seulement à préciser qu’il faut bien prendre en considération ce que nous nommerions aujourd’hui « l’état final recherché » pour être sûr que l’opération en vaille la chandelle. De façon particulièrement visionnaire, Sun Tzu cherche à éviter que l’exacerbation d’un conflit débouche sur la « montée aux extrêmes » postulée par les théoriciens de la guerre moderne au premier rang desquels trône Clausewitz. Une telle vision du monde s’inscrit dans le droit fil de toute la réflexion chinoise, des taoïstes aux confucéens.

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