Une nouvelle version de L’Art de la guerre en bande dessinée

Un « roman graphique » plus qu’une bande dessinée

Les éditions Trédaniel sont décidément d’une grande prolixité concernant Sun Tzu. Après Les sept traités de l’art militaire de la Chine Ancienne parus en décembre dernier, une traduction d’une adaptation en bande dessinée de L’Art de la guerre voit aujourd’hui le jour.

Le texte introductif est bref mais correct. Regrettons toutefois qu’il donne les dates légendaires de la vie de Sun Tzu, sans mise en garde sur leur faible réalité historique. Point notable de cette introduction : elle est remarquable d’humilité concernant la qualité de la traduction livrée (qui « s’inspire des traductions modernes »).

Le contenu du traité figure dans sa grande majorité ; seules certaines maximes sont omises. Le tout est enrobé dans l’histoire d’un maitre enseignant le traité de Sun Tzu à son disciple. Ce procédé fournit l’occasion d’apporter quelques commentaires et éclairages sur le texte.

Point majeur : nous déplorons que l’illustrateur ait fait le choix d’un « roman graphique » et non d’une réelle bande dessinée. En effet, les dessins cherchent à représenter de – trop – grandes portions de texte, et nombre d’idées non illustrées peuvent ainsi ne pas être facilement appréhendées car contenues dans une image sans rapport avec leur propos. Continuer la lecture

The school of Sun Tzu

Une véritable étude de L’Art de la guerre

The school of Sun Tzu est l’un des rares livres anglo-saxons s’attachant à mener une réelle analyse de L’Art de la guerre : nombre d’ouvrages, qui ont le nom de Sun Tzu ou de son traité dans leur titre, ne font en réalité qu’utiliser le texte du stratège chinois pour illustrer une doctrine construite antérieurement. Ici, la volonté de l’auteur est de livrer une étude sincère L’Art de la guerre.

David G. Jones est Canadien. Il a été manager dans différentes entreprises et a servi au sein de l’armée. La publication de cet ouvrage date de 2012, mais sa rédaction a sans doute été grandement réalisée vers la fin des années 90, comme semble le prouver la 6e partie « passé, présent et futur » qui recense les références anglo-saxonnes à L’Art de la guerre, recension ne s’étendant que très rarement aux années 2000.

Signalons-le tout de suite, David G. Jones a un parti pris fort – mais clairement affiché : « L’Art de la guerre n’a été lu tout au long de son histoire que comme un traité militaire ; il a fallu attendre la fin du XXe siècle pour que l’on comprenne qu’il pouvait porter sur un sujet différent ». L’auteur déplore en effet que « la métaphore militaire utilisée dans L’Art de la guerre – un extraordinaire procédé d’apprentissage – a été vue non comme le medium, mais comme le message ». C’est ainsi que l’auteur lit en premier lieu dans L’Art de la guerre (comme la plupart des commentateurs modernes) une méthodologie de management : le propos est, selon lui, la description des « processus de planification stratégique qui définissent les rôles, relations, dynamiques, valeurs et méthodes pour une gestion d’engagement efficace ».

Cette lecture de L’Art de la guerre sous l’angle de l’entreprise, typiquement anglo-saxonne, n’est pas ce que nous préférons de l’ouvrage. David G. Jones note même que « bien que le traité se serve d’une imagerie militaire, il n’y a rien qu’un soldat puisse réellement utiliser ».

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Comprendre et appliquer Sun Tzu

Un ouvrage bien mal nommé

Contrairement à ce que l’intitulé laisse croire, Comprendre et appliquer Sun Tzu n’est pas une étude de L’Art de la guerre ! Le sujet est un tout autre texte : Les 36 stratagèmes. Le titre, trompeur, est en effet un choix navrant de l’éditeur (Dunod) qui a estimé plus vendeuse la référence à Sun Tzu[1].

L’auteur défend comme il peut ce titre malheureux en écrivant dans l’introduction que « si Sun Tzu n’est pas l’auteur d’un traité compilant des stratagèmes, culturellement sa pensée s’y trouve comme exaltée […]. Aborder la lecture des Trente-six stratagèmes à la lumière des préceptes de Sun Tzu lui donne une cohérence autrement plus profonde tout en livrant des clés d’application. C’est à ce titre que ce livre donne à Comprendre et appliquer le stratège chinois à partir d’une version commentée et originale des Trente-six stratagèmes. » Nous demeurons moyennement convaincu par la démonstration…

La plus grande déception provient de ce que cette promesse d’améliorer notre compréhension de la pensée de Sun Tzu n’est même pas tenue : nombre de stratagèmes exposés ne font aucune référence à L’Art de la guerre. Comble de l’ironie : l’auteur attribue à Sun Tzu une citation qui n’est pas de lui ! (cf. notre billet Une citation partiellement apocryphe). Un titre trompeur, donc qui ternit totalement un ouvrage au demeurant certainement intéressant sur le sujet qu’il traite.

Mais alors, de quoi est-il question dans ces 288 pages ?

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Le premier roman français sur Sun Tzu

Une première !

Le premier roman français centré sur le personnage de Sun Tzu vient de paraitre. L’évènement mérite d’être salué !

L’auteur, Olivier Lusetti, n’en est pas à son coup d’essai : il a déjà signé de nombreux ouvrages, dont une trilogie de romans fantastiques ayant pour cadre la Chine ancienne, Le cycle des Monarchies de l’Ombre.

Les éléments biographiques sur Sun Tzu étant quasiment inexistants, l’auteur a ici fait le choix d’écrire une fiction totalement romanesque (et même fantastique) ayant pour héros le personnage de Sun Tzu. Olivier Lusetti place l’homme dans le cadre donné par la biographie de Sima Qian, à savoir durant la période des Printemps et des Automnes : « Sun Zi Wu était un homme de Qi. Pour avoir écrit un livre de stratégie, il fut reçu par le roi Helu du royaume de Wu ».

L’histoire narrée n’évoque que l’adolescence initiatique de Sun Tzu et s’achève sur ses tout premiers exploits stratégiques. Le roman préfigure ainsi a minima une suite. Des anecdotes culturelles relatives à la période de la Chine Ancienne sont distillées tout au long du récit.

Signalons que le style employé peut rebuter certains. A titre d’exemple, le texte est émaillé de nombreux mots chinois, dont l’intérêt à ne pas être traduits nous laisse sceptique.

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Les sept traités de l’art militaire de la Chine Ancienne

Les éditions Trédaniel, foisonnantes concernant L’Art de la guerre, viennent de publier un nouvel ouvrage où figure le traité de Sun Tzu. L’objet est indéniablement beau (coffret, couverture rigide, papier épais, présentation aérée, …), mais le contenu peut paraitre léger à qui voudrait trouver plus que les textes bruts. Nous y reviendrons.

Les sept traités sélectionnés constituent les « classiques militaires » retenus en 1080 par l’empereur Shenzong pour être les textes officiels que les candidats aux examens de fonctionnaire militaire impérial devaient obligatoirement maîtriser. Bénéficiant de l’immobilisme sociétal qui régna ensuite en Chine, cette consécration officielle fit de ces sept traités la base des études stratégiques chinoises pendant plus de 800 ans ! Contrairement à ce que son titre laisse entendre, le recueil ne présente pas uniquement des textes de « la Chine Ancienne » (à moins d’avoir une lecture très large de ce terme) : l’un d’eux, Questions de l’empereur Taizong au général Li Jing, date en effet du VIIIe (ou IXe) siècle ap. J.-C.

Une autre version française de ce recueil existe : celle de Jean Lévi, parue en 2008 aux éditions Hachette et intitulée Les sept traités de la guerre. Cette version, abondamment commentée, est qualitativement très supérieure à celle des éditions Trédaniel. À commencer par le fait qu’elle est une traduction – érudite – directement du chinois ancien au français. Les textes du recueil des éditions Trédaniel sont en effet des traductions de traduction (quand il ne s’agit pas de traductions au troisième degré : chinois ancien > chinois moderne > anglais > français). Autant dire que les altérations peuvent être sensibles au fil des traductions. Le texte anglais original (The Seven Military Classics of Ancient China, aux éditions Arcturus Publishing) est lui-même un patchwork de traductions ; à noter que toutes sont sourcées, sauf une : celle du traité de Sun Tzu ! (nous y reconnaissons toutefois le texte de Lionel Giles, datant de 1910).

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