Sun Tzu France passe en hibernation prolongée

Sun Tzu France est en pause

Ce blog se met en pause.

Oui, nous avions déjà fait cette annonce l’année dernière. Mais la situation a depuis changé : l’année dernière, la pause annoncée avait pour objectif de nous dégager du temps afin d’assurer une publication papier de billets (retravaillés) parus sur ce blog. L’entreprise fut conduite avec succès durant le premier semestre 2017, avec la parution de Wu Zixu, inspirateur de Sun Tzu et Clausewitz et Sun Tzu.

Mais un bouleversement professionnel majeur durant l’été 2017 vint bousculer cette entreprise, nous contraignant à mettre en pause toutes nos activités de recherche.

Annonçons-le clairement : cette pause durera plusieurs années.

Le qualificatif de « pause » marque toutefois bien notre volonté de reprendre nos travaux de publication une fois passé cet épisode de vie.

Nous restons toujours joignables via le formulaire de contact, mais nous ne publierons plus jusqu’à notre « réveil », que ce soit sur ce blog ou aux éditions Amiot.

Merci à tous pour votre fidélité.

Source de l’image : Composition de l’auteur

Clausewitz et Sun Tzu

Une étude comparative des deux plus célèbres penseurs militaires

Clausewitz et Sun Tzu vient de paraître. Deuxième titre des éditions Amiot (après Wu Zixu, inspirateur de Sun Tzu), il s’agit là encore d’un recueil retravaillé des billets parus sur ce blog. Sans surprise, la thématique est ici une comparaison des systèmes de pensée de Clausewitz et de Sun Tzu. Ces deux mastodontes de la pensée militaire traitent de thématiques communes, mais en apportant des recommandations pouvant être en totale opposition. La mise en parallèle de leurs écrits respectifs permet ainsi de mieux appréhender l’essence même de leur système.

Après une réflexion sur la forme que présentent L’Art de la guerre et De la guerre, les deux œuvres phares de Sun Tzu et Clausewitz, l’étude détaille les principales différences existant entre chaque traité sur le plan des fondements de la stratégie (la guerre en tant qu’objet, son objectif) et sur une sélection de grandes thématiques militaires tels le renseignement, la logistique, ou même le rôle du chef.

Si vous avez apprécié les billets de ce blog, n’hésitez pas à vous en offrir la compilation remaniée et enrichie !

46 pages aux éditions Amiot. 5 € en version papier, 1 € en numérique.

Source de l’image : Couverture de l’auteur

L’Art de la guerre de Sun Bin

La première traduction française du traité de Sun Bin (1994)

Nous avons déjà raconté l’épisode de la découverte de la tombe du Yinqueshan en avril 1972. Parmi les rouleaux de bambous qui ont été retrouvés figurait, outre un exemplaire du traité de Sun Tzu, celui de Sun Bin.

L’exemplaire du traité de Sun Bin retrouvé dans la tombe du Yinqueshan était particulièrement endommagé. Seule une partie[1], difficilement déchiffrable, put être récupérée. De nombreux chercheurs se penchèrent sur les restes découverts et tentèrent de reconstituer tout ce qu’il était possible du traité. La première transcription du texte en chinois moderne parut en 1975.

L’exemplaire retrouvé ayant souffert du temps, il ne livre qu’un texte parcellaire. Sa reconstitution reste hypothétique. Aussi, une nouvelle découverte archéologique serait susceptible de fortement modifier le traité tel qu’actuellement rendu public.

La première traduction française de cet exemplaire parut en 1994, réalisée par Tang Jialong[2]. Deux ans plus tard, la sinologue Valérie Niquet, qui avait déjà été la première à traduire Sun Tzu du chinois ancien directement vers le français, livra sa propre traduction[3]. Une troisième sortit en 2011, signée Luo Shenyi[4]. Notons pour finir que de très nombreux passages du traité de Sun Bin sont inclus dans la traduction de Jean Lévi, mis en parallèle avec les propos de Sun Tzu[5].

Nota : A la différence de celui de Sun Tzu, le traité de Sun Bin n’est pas disponible gratuitement sur Internet, celui-ci n’étant pas encore libre de droits, ayant été découvert en 1972, la première traduction française par (Tang Jialong) ne datant que de 1994.

Tout comme avec le traité de Sun Tzu, les spécialistes n’ont pas de certitudes quant à la composition du traité de Sun Bin : certains analystes considèrent qu’il n’est qu’une compilation des enseignements du stratège, recueillie par ses disciples et transcrite peu après sa mort. D’autres pensent qu’un texte de la main de Sun Bin existait, et que le traité qui nous est parvenu serait une version contemporaine, peut-être augmentée de l’enseignement recueilli par les disciples. Les plus sceptiques estiment que le texte pourrait n’être qu’un recueil d’éléments d’origine inconnue qui se serait revendiqué de Sun Bin afin d’être considéré…

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Sun Bin

Sun Bin

À la suite immédiate de la biographie de Sun Tzu, le 65e chapitre des Mémoires historiques de Sima Qian expose celle de Sun Bin. Elle commence en ces termes :

Cent ans après que Sunzi eut expiré vint Sun Bin. Sun Bin naquit dans les environs d’Ajuan et était un descendant de Sun Wu.

(Rappel : Sunzi et Sun Wu sont deux appellations de Sun Tzu.)

Sun Bin serait donc un descendant de Sun Tzu[1]. Sun (孙) est le nom de famille et Bin (膑) signifie « rotule », faisant référence au châtiment qu’il subit après avoir été injustement accusé de crime – on lui ôta les rotules. « Bin » n’est donc pas son véritable prénom, mais celui-ci nous demeure inconnu.

La biographie de Sun Bin par Sima Qian est nettement plus fournie en détails historiques que celle de Sun Tzu. Nous apprenons ainsi les éléments suivants :

Cent ans après la mort de Sun Tzu, Sun Bin naquit dans les environs d’Ajuan. Durant sa jeunesse, Sun Bin étudia la stratégie avec l’un de ses condisciples, Pang Juan. Ce dernier parvint à s’attirer les faveurs du roi de l’État de Wei et fut nommé général. Il demanda alors à Sun Bin de le rejoindre pour le conseiller. Mais Pang Juan se rendit rapidement compte que les talents de Sun Bin, supérieurs aux siens, risquaient de lui porter ombrage. Il prépara un coup monté, faisant accuser Sun Bin d’un méfait dont il n’était pas coupable. Sun Bin fut condamné à avoir son visage tatoué (la punition traditionnelle des criminels) et les rotules enlevées.

Devenu paria, Sun Bin profita du passage dans la région d’un émissaire de l’État de Qi pour lui signifier qu’il pourrait mettre ses talents au service de son royaume. Le messager l’y conduisit clandestinement et le présenta à Tian Ji, général en chef du Qi. Ce dernier accueillit Sun Bin et les deux hommes devinrent amis.

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Qui suis-je ? Sun Tzu

La première biographie française de Sun Tzu

Quelques semaines seulement[1] après la parution de notre précédent ouvrage consacré à Wu Zixu, arrive en librairie notre nouvelle publication, dédiée cette fois à Sun Tzu.

Qui suis-je ? Sun Tzu constitue la toute première[2] biographie française entièrement consacrée au plus ancien stratège de l’Histoire.

Les connaisseurs feront remarquer que nous ignorons à peu près tout de la vie de Sun Tzu : les sources historiques sont peu fiables, et l’existence même du personnage est sujette à caution. Comment, dès lors, produire une biographie sérieuse ? Notre démarche a été la suivante : après avoir étudié ce que les textes anciens nous ont laissés, nous confrontons l’histoire légendaire avec les travaux déjà menés par les spécialistes, historiens et sinologues. Nous décrivons également l’univers dans lequel Sun Tzu aurait vécu (la période chinoise des Royaumes Combattants), avant de nous arrêter sur sa descendance revendiquée : outre Sun Bin, certains guerriers antiques se sont en effet réclamés d’une filiation de sang avec le père de stratégie ; était-ce vraisemblable ? Enfin, une annexe revient sur les allégations selon lesquelles la plupart des grands hommes de l’Histoire auraient lu L’Art de la guerre. À travers quelques exemples emblématiques (Napoléon, Patton, Mao, de Gaulle, …), nous décortiquons ces affirmations colportées à l’excès.

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