Parution de la première version numérique de qualité de L’art de la guerre

L’art de la guerre « enrichi » pour iPad

La première version numérique de qualité de L’art de la guerre vient de sortir ! (nous reviendrons sur cette affirmation dans un prochain billet)

Publiée chez Les Vidéoditeurs, le prix est de 10 €. L’objet n’est disponible que pour iPad (via l’application iBooks). Une vidéo de présentation assez accrocheuse est disponible ici.

La traduction proposée est celle de Valérie Niquet. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette première : d’habitude, il s’agit toujours d’une version du père Amiot, dont la qualité est… datée ! (Cf. notre billet Le père Amiot a-t-il réellement traduit Sun Tzu ?)

Outre le texte du traité, des « compléments biographiques, historiques et culturels » sont présents. Il s’agit en fait de morceaux de l’ouvrage des éditions Economica, tous de la plume de Valérie Niquet. Une petite frise chronologique, vaguement interactive et de peu d’intérêt, parachève l’ensemble. Ce livre numérique s’avère donc au final être une version allégée de la dernière édition de la traduction de Valérie Niquet de L’art de la guerre (n’y figurent notamment pas la préface du général Liu Fang, la postface du général Maurice Prestat, ni les commentaires juxtalinéaires de Cao Cao et Li Quan). Il est dommage que cette transposition soit entachée de petites erreurs, telles des fautes d’orthographe ou du texte oublié[1]. Mais dans l’ensemble, le produit reste très correct.

La véritable plus-value mise en avant pour cette version « enrichie » réside dans les 1h40 de vidéos présentes. Ces dernières sont fractionnées en 100 morceaux, dont la durée varie de 11 secondes (une phrase) à 2mn40 (une idée). 17 personnalités ont ainsi été filmées en train de commenter ou disserter sur le traité[2] :

– Valérie Niquet (Traductrice de L’art de la guerre et directrice du département Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique)
– Eric Bonnemaison (Général commandant les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan)
– Christian Prouteau (Colonel de gendarmerie, fondateur du GIGN puis du GSPR)
– Jean-Pierre Raffarin (Vice-président du Sénat, ancien Premier ministre)
– Jacques Attali (Economiste, écrivain, haut fonctionnaire français)
– Nicolas Bordas (Publicitaire, président de TBWA)
– Guy Sorman (Essayiste, fondateur d’Action contre la faim)
– Christophe Barbier (Journaliste politique, directeur de la rédaction de l’Express)
– Raphaël Enthoven (Animateur radio et télévision, conseiller de la rédaction de Philosophie Magazine)
– David Abiker (Journaliste et chroniqueur télévision et radio, spécialisé dans l’Internet)
– Frédéric Encel (Essayiste et géopolitologue, auteur de L’art de la guerre par l’exemple)
– Alexis Jenni (Auteur de L’art français de la guerre, prix Goncourt 2011)
– Michel Ching-Long Lu (Directeur du bureau de représentation de Taiwan en France)
– Aya Cissoko (Championne du monde de boxe)
– Florence Escaravage (Fondatrice de Love Intelligence, auteure de Les relations amoureuses pour les Nuls)
– Anatoli Karpov (Grand maître international d’échecs, six fois champion du monde) (interview en anglais non sous-titré)
– Michel Lejoyeux (Chef de service de psychiatrie et d’addictologie à l’Hôpital Bichat)

La démarche consistant à faire s’exprimer des personnalités pouvant être liées de près ou de loin (parfois très loin…) à L’art de la guerre est identique à celle du Miroir des princes, ouvrage de Luc Jacob-Duvernet paru en 1994 et sur lequel nous reviendrons prochainement. Nous trouvons le principe très intéressant, mais ici trop succinctement traité pour être toujours instructif : sur la centaine de vidéos présentées, seul un quart (environ) présentent une idée véritablement intéressante. La lecture des compléments de Valérie Niquet s’avère au bout du compte largement plus profitable à qui veut approfondir le texte. Nous estimons donc que ces vidéos ne présentent qu’un intérêt relatif (eu égard au temps nécessaire à leur visionnage intégral), et servent surtout à enjoliver un texte qui sinon ne serait qu’un livre numérique comme tous les autres.

Pour conclure, ce livre « enrichi » est une version allégée de la dernière version de la traduction de Valérie Niquet, agrémentée de plus d’une heure et demie de vidéos à l’intérêt très variable. Le texte proposé est celui qui se fait de mieux à l’heure actuelle en numérique. En fait, il est la seule version recommandable. Dommage qu’elle ne soit disponible que sur iPad[3].


[1] Par exemple, la toute première phrase du traité est : « Sun Tzu dit : la guerre est une affaire grave pour le pays, c’est le terrain de la vie et de la mort, c’est la voie qui mène à la survie ou à l’anéantissement ; il est impossible de ne pas l’étudier. » Sauf que la version numérique coupe la phrase à « la voie » et oublie tout le reste !…

[2] Un procédé mis en œuvre pour ces entretiens est l’utilisation de « fortune cookies », ces petits gâteaux prétendument chinois (mais originaires des Etats-Unis) dans lesquels est consignée une maxime, ici de Sun Tzu ; les personnalités interrogées dissertent alors sur la résonnance de cette phrase sur leur vie personnelle.

[3] Il ne devrait pas sortir de version numérique sur d’autres supports que l’iPad, ni de version papier, étant donné que la politique de ce nouvel éditeur est la publication de livres numériques « enrichis » exclusivement pour la tablette d’Apple.

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