L’art de la guerre est-il daté ?

Un traité daté ?

Un traité daté ?

A la différence d’un texte plus abstrait comme le Tao Tö King, L’art de la guerre est fortement ancré dans la réalité physique de son temps. Aussi, certains préceptes paraissent être devenus caducs. Plusieurs raisons à cela :

Soit parce qu’ils étaient trop directement liés à l’armement et aux techniques de combat :

« En présence de monticule ou de remblais on s’établira sur le versant ensoleillé, en y appuyant son flanc droit. » (chapitre 9) : Cette différenciation des flancs gauche et droit résultait probablement du fait que la plupart des soldats étant droitiers, et que le bouclier se tenant dès lors à gauche, il valait donc mieux que l’ennemi se trouvât de ce côté…

Soit parce que les données fournies citaient trop directement des paramètres de l’époque :

« En règle générale, toute opération militaire requiert mille quadriges rapides, mille fourgons à caisse de cuir, cent mille soldats cuirassés, et des vivres en suffisance pour nourrir une armée évoluant à mille lieues de sa base. A ceci s’ajoutent les dépenses pour supporter les efforts de l’arrière et du front, les frais occasionnés par le ballet diplomatique entre royaumes ; les besoins en glu, en laque et en fournitures nécessaires à la réparation ou au remplacement des chars et des armures ; ce qui représente un total de mille lingots par jour. Ce n’est que lorsqu’on dispose de tels fonds qu’on peut envisager de lever une armée de cent mille hommes. » (chapitre 2)

Soit parce que les références « scientifiques » n’ont pas survécu aux années :

« Pour ce qui est des jours [propices à allumer des incendies chez l’ennemi], on choisira ceux où la lune se trouve dans les constellations du Van, du Mur, des Ailes ou de la Caisse du Chariot. Ces quatre constellations commandent les jours de grand vent. » (chapitre 12)

Ou soit enfin parce que la société a trop radicalement évolué pour pouvoir encore mettre en œuvre des procédés naguères acceptables en temps de guerre :

« Si une opération secrète s’ébruite avant qu’elle n’ait été menée à bien, il convient d’éliminer l’espion ainsi que la source de la fuite. » (chapitre 13)

Nous verrons dans un prochain billet que ce caractère a priori daté ne doit pas nécessairement conduire à rejeter les propos de Sun Tzu.

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