Du renseignement

Sun Tzu, premier théoricien du renseignement

Si, comme nous l’avons vu dans le billet précédent, Sun Tzu évoque les espions pour acquérir le renseignement sur l’ennemi, ce n’est pas le seul moyen. Les éclaireurs, qui fournissent une information d’intérêt plus immédiat, témoignent également d’une démarche de recherche active du renseignement :

« Qui ne sait recourir aux éclaireurs sera incapable de tirer parti des avantages du terrain » (chapitre 11)

Outre l’espionnage, un autre procédé peut être déduit des propos de Sun Tzu pour acquérir cette connaissance de l’adversaire : la manœuvre, les reconnaissances et les coups de sonde :

« Examinez les plans de l’ennemi pour en connaître les mérites et démérites ; poussez-le à l’action pour découvrir les principes de ses mouvements ; forcez-le à dévoiler son dispositif afin de déterminer si la position est avantageuse ou non ; harcelez-le afin de repérer ses points forts et ses points faibles. » (chapitre 6)

Dans l’absolu, le renseignement recherché pourrait se restreindre à la stricte manœuvre immédiate de l’adversaire afin de la contrer et de prendre l’ascendant. Toutefois, conscient de la difficulté d’obtenir cette information, Sun Tzu cherche à cerner l’environnement de cette prise de décision pour pouvoir, si besoin, la déduire :

« Il est de règle, tant pour monter une attaque, s’emparer d’une ville ou assassiner un ennemi, de se renseigner au préalable sur l’identité du général responsable, des membres de sa suite, des chambellans, des portiers, des secrétaires, et de s’assurer que les espions en soient toujours parfaitement informés. » (chapitre 13)

De même, pour ne pas être surpris par l’action d’acteurs extérieurs, il convient de se renseigner également sur les parties tierces :

« Qui omet de se tenir au courant des menées des seigneurs ne pourra devancer leurs alliances. [Qui néglige ce point] n’est pas digne de conduire l’armée d’un conquérant. » (chapitre 11)

Ainsi, à travers notamment son énoncé du besoin en renseignement, Sun Tzu parvient à conserver après bientôt 25 siècles toute son actualité. Et son universalité, car ce besoin en renseignement peut se décliner à toutes les disciplines autre que la guerre. Bien sûr, à l’époque, il ne pouvait être question de renseignement d’origine électromagnétique, d’acquisition image, de recherches sur sources ouvertes ou autres hacking. Il convient donc ici de dépasser la stricte application restreinte à l’époque de composition de L’art de la guerre pour percevoir l’idée maîtresse de Sun Tzu : la nécessité de recherche active de renseignement.

« Qui connaît l’autre et se connaît, en cent combats ne sera point défait ; qui ne connaît l’autre mais se connaît, sera vainqueur une fois sur deux ; qui ne connaît pas plus l’autre qu’il ne se connaît sera toujours défait. » (chapitre 3)

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