Une nouvelle version de L’art de la guerre aux éditions Trédaniel

Une bien jolie version

Une nouvelle version du texte de L’art de la guerre vient de paraitre aux éditions Guy Trédaniel (à qui nous devons déjà la traduction de la version anglaise de James Trapp en 2011[1]).

Premier constat : l’ouvrage est beau. Présenté dans un coffret noir et or, le livre lui-même est rouge est or. D’aspect extérieur, il ressemble beaucoup à la version parue aux éditions Evergreen en 2012 et aujourd’hui épuisée : couverture rigide en rouge et or, papier glacé, illustrations, … Les deux ouvrages sont pourtant bien différents.

A gauche, la version des éditions Evergreeen (2011), à droite, celle des éditions Guy Trédaniel (2016).

Le texte livré ici est celui de la traduction anglaise de Lionel Giles (datant de 1910). Certes perfectible, mais déjà largement plus fidèle au texte de Sun Tzu que la version du père Amiot.

L’introduction de Nigel Cawthorne est la même que celle qui figurait déjà dans la version parue en 2012 aux éditions Encore. Le traducteur anglais-français de cette introduction est toutefois différent (ici : Françoise Fotoul). Nigel Cawthorne est très loin d’être un spécialiste de Sun Tzu, et sa légitimité à introduire le traité est pour le moins curieuse. Sans surprise, son texte est une collection de clichés et d’affirmations inexactes.

Un texte final complète l’ensemble. Présentant l’avantage d’être très actuel, nous le lisons malheureusement là encore comme un bric-à-brac rédigé à partir de recherches faites sur Internet avec le mot-clé « Sun Tzu ». Surtout, le texte en lui-même n’évite pas les écueils de l’article voulant prouver combien Sun Tzu est actuel : il cherche à tout prix à plaquer les préceptes de L’art de la guerre sur de grands évènements (l’invasion de la Crimée par la Russie, la capture d’Oussama Ben Laden, …), « démonstration » qui ne prouve pas grand-chose car pouvant être produite à partir de n’importe quel système, aussi farfelu soit-il.

Les très nombreuses illustrations agrémentent magnifiquement l’ouvrage. Le lien avec le texte n’est pas aussi fort que dans la version parue aux éditions du Nouveau Monde, mais il faut reconnaitre que l’ensemble est très esthétique.

Notons pour terminer la prolixité des éditions Trédaniel. Ces dernières sont en effet un groupe d’édition comprenant une dizaine de maisons ; on leur doit déjà le coffret du groupe Denma (Le courrier du livre), les deux belles éditions de L’art de la guerre dont nous venons de parler (Guy Trédaniel Éditeur), et un carnet de notes contenant des citations de Sun Tzu (éditions Contre-dire). Chapeau bas !


[1] Guy Trédaniel éditeur avait déjà publié en 2011 une version de L’art de la guerre. Cette dernière est toujours disponible. Il s’agissait de la traduction en français de la version anglaise de James Trapp parue quelques mois plus tôt. L’ouvrage était également très esthétique (système de doubles pages « à l’ancienne »), et proposait une traduction juxtalinéaire chinois-français.

Source des images : Photos de l’auteur

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