Les Échecs et l’Art de la guerre

Une nouvelle transposition de L’art de la guerre

Les éditions Contre-Dires publient en ce mois d’avril 2017 la traduction française de Chess and the Art of War, d’Al Lawrence et Elshan Moradiabadi.

Ces mêmes éditions avaient fait paraitre l’année dernière un carnet de notes sur le thème de L’art de la guerre.

Le traducteur, Antonia Leibovici, reprend la traduction des citations de Sun Tzu qu’il avait réalisée pour la version de L’art de la guerre parue en 2011 aux Editions Guy Trédaniel (pour mémoire, les deux maisons d’éditions appartiennent au groupe Guy Trédaniel éditeur).

Comme la plupart des autres ouvrages prétendant transposer L’art de la guerre à un autre domaine que celui du conflit armé (cf. notre billet Trouve-t-on du conflit dans tous les domaines ?), il s’agit en réalité ici d’un plaquage, parfois très forcé, de préceptes de Sun Tzu à une technique déjà bien établie. Comme à l’accoutumée, nous ne nous prononcerons donc pas ici sur la valeur du texte du point de vue échiquéen, mais suntzéen.

Les auteurs – grands joueurs d’échecs – ont malheureusement sombré dans la facilité : il ne s’agit nullement de l’élaboration d’une stratégie à partir de la philosophie de L’art de la guerre, mais simplement de la correspondance entre une technique de jeu d’échecs et des citations glanées, parfois maladroitement, dans le traité chinois. Par exemple, « Un général qui comprend parfaitement les neuf variables [des tactiques] sait se servir de ses armées » se trouve traduit comme « il faut connaître les quatre tactiques échiquéennes basiques : la fourchette, le clouage, l’enfilage et le mat de la rangée du fond »…

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La ruse et la force

La ruse et la force, de J.-V. Holeindre

Billet inattendu : l’ouvrage dont il va être question ici ne parle quasiment pas de Sun Tzu. Mais il traite d’une des grandes thématiques suntzéennes : la ruse. Pourquoi, alors, Sun Tzu n’y est-il pas évoqué ? Parce que le sujet exact de l’ouvrage est l’histoire de la perception de la ruse en Occident.

Jean-Vincent Holeindre est directeur scientifique à l’IRSEM, l’Institut de Recherches Stratégique de l’École Militaire (le think tank du ministère français de la défense). Sur 464 pages, son ouvrage est une version retravaillée et enrichie d’une thèse soutenue en 2010. Le résultat est un texte limpide, grouillants de faits et d’analyses plus intéressantes les unes que les autres. Tout en se posant comme une somme sur le sujet, l’écriture reste de bout en bout très agréable, et la structure en chapitres bien circonscrits autorise un papillonnage au gré des centres d’intérêts de chacun.

Pas question ici de comparaison entre les modèles chinois et occidentaux, comme a pu le faire François Jullien dans son Traité de l’efficacité. Et pour cause : l’auteur cherche justement à déconstruire cette notion de « modèle occidental » dont la ruse serait exclue. La démonstration est clairement exposée : « Nous montrerons ce que la stratégie, dans le monde occidental, doit à la ruse, l’idée étant d’écrire sur la longue durée une histoire dialectique et généalogique de ses relations avec la force. Le choix d’une approche focalisée sur les sources « occidentales », plutôt qu’une histoire globale, connectée ou comparée, tient précisément aux enjeux épistémologiques de notre recherche : la thèse du modèle occidental de la guerre doit être contestée sur son terrain même, par le dépouillement de sources de première main. »

Tout au long de sa démonstration, chronologique, l’auteur utilise deux figures comme méthode paradigmatique[1] : Achille, qui doit ses victoires à sa seule force, et Ulysse, qui compense ses faiblesses par son intelligence et ses stratagèmes.

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Un carnet de notes sur le thème de L’art de la guerre

Un très beau carnet de notes

Les éditions Contre-Dires viennent de faire paraître un bloc-notes entièrement accès sur L’art de la guerre de Sun Tzu.

Vendu 12,90 €, l’objet contient de très belles gravures chinoises et des citations de L’art de la guerre. Ces dernières proviennent de différentes traductions (Jean Lévi, père Amiot, traductions de l’anglais, etc.)

Notons qu’un autre carnet de notes était sorti en 2015, avec un concept différent : dénué d’illustrations, ses lignes étaient en réalité le texte complet de L’art de la guerre en version anglaise, écrit en tout petit !

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De Sun Tzu à Steve Jobs

Une histoire de la stratégie

Une histoire de la stratégie

Note liminaire : Comme d’habitude, nous n’étudierons cet ouvrage que du strict point de vue suntzéen. Ce billet n’est donc pas une critique du livre pris dans son ensemble.

L’ouvrage cherche à donner une vue succincte (nous sommes loin des références comme l’Anthologie mondiale de la stratégie, le Dictionnaire de stratégie et autre Traité de stratégie) et légère (le texte est parsemé de blagues…) de la stratégie. Cette dernière est d’ailleurs étudiée tant dans son aspect militaire (Machiavel, Clausewitz, Liddell Hart) qu’économique. Bruno Jarrosson est l’auteur ou co-auteur d’une vingtaine d’ouvrages tournant principalement autour de la stratégie d’entreprise.

Le chapitre sur L’art de la guerre ne constitue que 8 des 240 pages du livre. Agréable surprise par rapport aux dernières productions qui citent Sun Tzu sans l’avoir réellement lu : Bruno Jarrosson s’est manifestement réellement plongé dans L’art de la guerre. Les aspects du système suntzéen qu’il choisit de présenter ne trahissent pas la pensée du stratège chinois. L’auteur met en lumière cinq thématiques :

  • L’absence de hasard chez Sun Tzu ;
  • L’objectif de soumission de l’ennemi plutôt que sa destruction (même si nous avons une vision légèrement différente de cette question) ;
  • Le renseignement, dans une partie incorrectement nommée « Le shi et l’effet de levier » : l’auteur ne traite réellement de cette notion de forces régulières et extraordinaires que sur quelques lignes, tout le reste étant consacré au renseignement ;
  • La duperie (avec une illustration humoristique au rapport assez lointain) ;
  • L’harmonie. Cette partie est intéressante car nous en avons une perception différente. En effet, cette notion d’harmonie résulte, selon nous, plus d’une interprétation taoïste du traité que de ce que Sun Tzu a réellement écrit. « L’harmonie du monde » n’est pas altérée par les guerres, car l’activité guerrière est constitutive de l’espèce humaine. Même si nous n’adhérons pas à la lecture qu’en a Bruno Jarrosson, nous ne pouvons que nous réjouir de l’expression de ce point de vue.

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Deadpool : L’art de la guerre

Sun Tzu et Deadpool : mariage improbable pour un résultat incertain...

Sun Tzu et Deadpool : mariage improbable pour un résultat incertain…

Un nouvel OVNI vient d’apparaitre dans l’univers de Sun Tzu : le comics « Deadpool : L’art de la guerre ».

Cette bande dessinée est un mélange surprenant entre les aventures « normales » du super-héros trash Deadpool et le traité de Sun Tzu…

Créé en 1991, Deadpool est un personnage relativement décalé de l’univers Marvel (humour permanent, mises en abyme, etc.). L’annonce de son adaptation en film (la sortie est programmée pour février 2016) a provoqué ces derniers mois une déferlante de traductions en France. C’est dans ce cadre que ce croisement improbable avec Sun Tzu arrive sur nos côtes, moins d’un an après sa parution outre-Atlantique.

L’histoire ? Fort de son expérience de combattant, Deadpool tombe sous le charme de L’art de la guerre et décide d’étudier sa mise application en provoquant une guerre entre Thor et son frère Loki, puis entre Loki et la Terre entière… Cette trame narrative permet à l’anti-héros d’égrainer les conseils de Sun Tzu, soit à l’un des participants, soit en voix off pour expliquer une défaite ou une victoire.

Les préceptes de L’art de la guerre sont assez souvent malmenés : parfois pris dans un sens très réducteur, ils sont même par endroits compris de travers, quand ils ne sont tous simplement pas écartés ! Nous sommes très loin des bandes dessinées entièrement consacrées à Sun Tzu comme celle de Wang Xuanming ou de Tsai Chih Chung.

Signé Peter David pour le scénario et Scott Koblish pour le dessin, ce comics de 96 pages est vendu 13 € aux éditions Panini. Il comprend l’aventure complète, originellement parue aux Etats-Unis en 4 numéros de décembre 2014 à mars 2015, et inclut en bonus une aventure de 8 pages datant de 2008 (sans rapport avec l’histoire précédente). La couverture est rigide et le papier de qualité. Il est au passage amusant de constater le flou artistique des Américains entre la Chine et le Japon (toutes les illustrations de couverture sont des pastiches de peintures japonaises…)

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L’art de guerre réimprimé

Tout simplement la meilleure édition disponible !

Tout simplement la meilleure édition disponible !

Une nouvelle édition de L’art de la guerre vient-elle de paraitre ? Non : la mention « Inédit » figurant sur la couverture est trompeuse : le texte est la copie conforme de la traduction de Jean Lévi parue en 2000 ; seule la couverture a été changée.

Cette mue est une simple conséquence de l’intégration en 2010 d’Hachette Littératures et de sa collection de poche « Pluriel » à Fayard (autre maison du groupe Hachette).

Rappelons que cette version du traité de Sun Tzu, l’une des très nombreuses sur le marché, est tout simplement celle que nous trouvons la meilleure !

Bonne nouvelle : le prix baisse, passant de 9,20 € à 6,90 €, ce qui rend ce livre totalement incontournable, même face aux multiples versions du père Amiot qui apparaissent et disparaissent régulièrement. Par pur souci d’esthétisme, il est juste regrettable que cette mention du prix soit imprimée en pastille jaune sur la couverture, donnant presque une impression de livre premier prix alors qu’il s’agit véritablement du meilleur, selon nous, disponible en langue française.

Mais ne boudons pas notre plaisir : l’ouvrage est toujours disponible (alors que d’autres versions de qualité ont disparu), et à un prix totalement scandaleux au regard du formidable travail effectué par Jean Lévi…

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Visualiser L’art de la guerre : Une nouvelle traduction française de Sun Tzu

Oublions les schémas, ne gardons que le texte

Oublions les schémas, ne gardons que le texte

Nous avions en son temps signalé la sortie de The art of war visualized de Jessica Hagy. Cinq mois seulement après sa parution outre-Atlantique, l’ouvrage arrive traduit sur nos côtes.

Nous nous étions à l’époque montré dubitatif vis-à-vis de cette représentation graphique des propos de Sun Tzu, sous-titrant d’ailleurs notre billet « Un OVNI énigmatique ». Notre opinion s’est consolidée depuis, et nous ne voyons aujourd’hui vraiment pas qui cette transposition pourrait intéresser…

L’ouvrage de Jessica Hagy ne peut en effet déjà pas être considérée comme une transcription graphique de L’art de la guerre, comme le sont les bandes dessinées. Il s’agit plus exactement d’une interprétation sous forme de diagrammes et schémas d’une sélection de propos de Sun Tzu. « Sélection », car le traité n’est pas rendu dans son intégralité, des maximes aussi fondamentales que « Toute guerre est basé sur la tromperie » passant purement et simplement à la trappe.

Mais surtout, l’impression qui ressort de l’étude des schémas de Jessica Hagy est plus celui d’un flash artistique, limite psychédélique, que d’une véritable transcription graphique d’un propos. En effet, la représentation qu’en donne l’illustratrice est bien souvent inattendue, et le rapport avec le texte originel lointain : Lire la suite

L’art de la guerre traduit par Philip J. Ivanhoe

Une très bonne version de L'art de la guerre.

Une très bonne version de L’art de la guerre.

Une nouvelle traduction française de L’art de la guerre vient de paraître aux éditions Synchronique.

Il s’agit de la traduction française (signée Aurélien Clause) de la version américaine de Philip J. Ivanhoe parue en 2011. Ce dernier est professeur de philosophie à l’Université de Hong-Kong et a servi dans sa jeunesse chez les Marines.

Le texte présenté apparait de bonne facture et nous n’y avons rien décelé de surprenant comparé aux autres versions françaises du texte.

L’introduction de Philip J. Ivanhoe présentant l’environnement du traité chinois est complète et synthétique. La partie intitulée « idées centrales » relative à une véritable interprétation du système suntzéen expose une vision intéressante, axée sur quelques idées précises. Elle souffre toutefois de menues erreurs de traduction en français des concepts militaires (« point critique » au lieu de « point de bascule », « formation de l’espace de combat » au lieu « façonnage du champ de bataille » …). Au final, on ne pourra que regretter la trop grande brièveté de cette partie.

Il est dommage que l’index qui figurait dans la version américaine n’ait pas été repris dans la version française.

Le texte est présenté brut, les quelques notes explicatives étant renvoyées en fin d’ouvrage. Nous aurions préféré qu’elles soient incorporées en bas de page pour faciliter la lecture, comme dans la version originale, mais le très petit format du livre ne le permettait sans doute pas.

Le livre lui-même est en effet plus petit qu’un traditionnel livre de poche. Sa couverture rigide fermée par un bandeau élastique marque-page, son papier glacé, son dessin de couverture et ses illustrations intérieures en couleur (pour la plupart œuvres de Giuseppe Castiglione, jésuite-peintre du XVIIIe siècle, peu avant le père Amiot) en font un objet relativement esthétique.

Au final, une version de L’art de la guerre tout à fait correcte et de surcroit élégante. 12,90 € en librairie.

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The art of war visualized, un OVNI énigmatique

Une entreprise qui a le mérite de l'originalité

Une entreprise qui a le mérite de l’originalité

[Mise à jour du 10 mai 2015 : La version française de cet ouvrage est annoncée aux éditions Marabout par le site Amazon pour le 19 août 2015]

Il n’est pas dans le principe de ce blog de mentionner les parutions en langue anglaise en rapport avec Sun Tzu. Pourtant, nous allons faire ici une exception, tant le sujet s’avère inattendu.

The art of war visualized est une transcription en infographies concises de L’art de la guerre. Ce qui est impressionnant, c’est que ce ne sont pas quelques préceptes qui sont ainsi transposés, mais l’intégralité du traité ! Plus de 200 croquis aspirent ainsi à illustrer la traduction anglaise de Lionel Giles.

Nous ne faisons pas face ici à une quelconque version en bandes dessinées de L’art de la guerre. Ce que nous avons là, ce sont des schémas minimalistes se voulant très synthétiques, tracés d’une façon imitant la précipitation. Le résultat est visuellement réussi et se laisse agréablement regarder.

Jessica Hagy ne se contente toutefois pas d’une transposition graphique mécanique des préceptes de Sun Tzu. Elle semble livrer une véritable vision de sa lecture du traité, comme l’illustre l’exemple ci-dessous :

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L’art du grand n’importe quoi

Sun Tzu aurait-il vraiment cautionné cela ?

Sun Tzu aurait-il vraiment cautionné cela ?

Un article intitulé « Petit manuel de cyberguerre économique d’après Sun Tzu » est paru dans le numéro 24 des Grands dossiers de Diplomatie magazine. Ce texte est très intéressant, car il est la parfaite illustration que l’on peut écrire à peu près n’importe quoi en se recommandant de Sun Tzu. L’auteur s’est en effet ici essayé à rédiger un « Art de la guerre appliqué à la cyberguerre économique » ; et le résultat est plutôt édifiant pour qui connait un tant soit peu le traité de Sun Tzu. A titre d’exemple, voici comment l’auteur de l’article transpose à sa thématique le chapitre 12 de L’art de la guerre :

  1. De l’art d’attaquer par le feu

Il ne faut pas hésiter à « faire feu » en face d’attaques non conventionnelles et dénoncer sans scrupules les internautes qui ne respectent pas les conditions générales d’utilisation édictées par un média. Par exemple, nous recommandons la dénonciation des faux profils ou usurpations d’identité aux administrateurs d’un site (Facebook, Twitter, Wikipédia, etc.) De même, le recours à un arsenal juridique en cas de diffamation ou d’attaques illégales doit faire partie des solutions envisagées.

Nous invitons le lecteur à se replonger dans ce 12e chapitre (très bref : moins de 500 mots) pour réaliser à quel point la transposition citée ici n’a absolument aucun rapport avec les idées développées par Sun Tzu. L’auteur s’est simplement appuyé sur le titre du chapitre, « attaquer par le feu », et a laissé libre cours à son imagination. Et ne croyez pas qu’il s’agit là d’un contre-exemple : tout l’article est de la même trempe !

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Ceci n’est pas une nouvelle édition de L’art de la guerre

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Cet opuscule n’est pas forcément celui qu’on croit.

Librio, célèbre éditeur de titres à 3 €, vient de publier en janvier un ouvrage intitulé « L’art de la guerre » et sous-titré « De Sun Tzu à de Gaulle, Vade-mecum des situations conflictuelles ». L’ayant rattaché à sa collection « Philosophie », l’éditeur semble vouloir laisser croire qu’il s’agit là du traité de Sun Tzu. Ce n’est pourtant pas exactement le cas. Ce que nous trouvons s’avère bien mieux ! Plutôt qu’une n-ième version du père Amiot (la seule libre de droit qui permettrait de proposer un tel prix), nous avons affaire ici à un recueil d’extraits de textes ayant trait à l’art de la guerre. Si l’ensemble est censé être lié par le thème du traitement des situations conflictuelles, ce n’est là qu’un prétexte pour mettre bout à bout neuf extraits d’œuvres classiques. Concernant L’art de la guerre de Sun Tzu, 5 des 13 chapitres sont reproduits (les six premiers, sauf le deuxième), malheureusement dans leur version du père Amiot/Impensé radical. La sélection d’auteurs est relativement convenue (Clausewitz, Machiavel, de Gaulle, …), sauf un ; on pourra en effet trouver original de voir figurer Proust dans la liste (un passage du Côté de Guermantes où figure un dialogue sur le caractère scientifique ou artistique de la guerre).

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La guerre moderne selon Sun Tzu

Le dossier noir du terrorisme

Le dossier noir du terrorisme

Un ouvrage vient de paraître : Le dossier noir du terrorisme, d’Hugues Eudeline. Son sujet, l’analyse du phénomène terroriste, n’est pas l’objet de ce blog. Nous ne traiterons donc pas le livre sur son fond, que nous maitrisons d’autant plus mal que nous n’avons pas de vision précise de ce qui a déjà été dit sur lui. Toutefois, le sous-titre ne pouvait passer inaperçu à nos yeux : « La guerre moderne selon Sun Tzu ».

L’ouvrage se donne en effet pour ambition d’ « utiliser une grille de lecture du terrorisme, à la lumière de la pensée stratégique de Sun Tzu » (p. 258). Les préceptes de L’art de la guerre reviennent en effet assez fréquemment dans le texte, et plusieurs citations (issues de la traduction de Samuel Griffith) viennent de-ci de-là appuyer une idée. Sans constater de dévoiement de la pensée du stratège chinois, nous avons surtout ici le phénomène très courant du picorement de citations de Sun Tzu pour appuyer une idée. Mais pas de réelle déclinaison de sa pensée à l’action terroriste : le sujet du sous-titre, « la guerre moderne selon Sun Tzu », ne nous semble ainsi pas réellement traité. C’est dommage, car le thème ne manque pas d’intérêt. Jamais véritablement étudié en France, les rapports entre Sun Tzu et terrorisme l’ont un peu plus été aux Etats-Unis[1]. Même si nous avons récemment commencé à l’effleurer dans notre billet paru sur le blog U235, Les combattants de Daech, disciples de Sun Tzu ?, le sujet mériterait une véritable étude.

Rendez-vous pris pour en jeter les bases un jour prochain sur ce blog…


[1] Concernant les rapports entre Sun Tzu et terrorisme, on pourra notamment lire le dernier chapitre intégralement consacré à ce sujet de Sun Tzu and the Art of Modern Warfare, de Mark McNeilly, ou des articles comme The art of terrorism, what Sun Tzu can teach us, de Caleb M. Bartley, ou Sun Tzu’s theory of war for understanding the outcomes of terrorist campaigns, d’Andrew Torelli.

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Le pire livre sur Sun Tzu ?

Aujourd'hui, n'importe qui peut publier n'importe quoi...

Aujourd’hui, n’importe qui peut publier n’importe quoi…

Nous nous étions juré de ne plus recenser les livres sans intérêt issus de publication à la demande. Nous allons pourtant faire ici une exception, en raison du caractère exceptionnel d’une perle : L’art de la guerre régime, du « docteur Lee Quan ».

Un bon exemple valant mieux qu’un long discours, la toute première phrase du livre devrait parler d’elle-même :

Ecrit dans la plus grosse siècle, L’Art de la Guerre régime reste le travail le plus célèbre sur luttant graisse supplémentaire et de brûler les livres loin.

Vous comprenez sans doute mieux pourquoi le titre du livre ne vous avait pas paru totalement explicite : nous avons à faire à une traduction automatique d’un texte chinois, sans la moindre relecture ! Nous pouvons imaginer derrière cette publication les doigts d’un adolescent chinois qui tente sa chance en publiant des textes traduits automatiquement, en différentes langues, des fois que cela marcherait… L’anonymat du web encourage cet aplomb éhonté.

Ce « livre », vendu 4,51 € uniquement (exclusivement ?…) sur plateforme Kindle, flirte avec les limites du système de publication à la demande : le fait que tout le monde puisse publier, que l’on puisse désormais se passer du filtre des éditeurs, rend réellement possible l’édition de n’importe quoi, même d’ouvrages qui n’en sont pas ! Certes, cela n’est pas grave en soit, comme cela pourrait par exemple l’être dans le cas de diffusion de propagande dangereuse ou de diffamations malveillantes. Ces textes polluent juste l’offre, en accroissant (un peu) la difficulté à discerner le bon grain de l’ivraie.

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Une nouvelle publication à la demande de L’art de la guerre

Une nouvelle version CreateSpace sans intérêt

Une nouvelle version CreateSpace sans intérêt

Nous nous étions récemment engagés à ne plus recenser les éditions de L’art de la guerre qui sortiraient en édition à la demande. Nous considérons en effet que dans le cas du traité de Sun Tzu, ce type de création n’a vocation qu’à publier la version du père Amiot, en théorie libre de droit (mais en réalité non), sans valeur ajoutée. Nous allons pourtant ici déroger à ce principe, intrigués que nous avons été par l’annonce d’un texte bilingue français-chinois.

Le présent ouvrage est bien un produit CreateSpace (vendu 7,46 € sur Amazon). Curieusement, il est réalisé par un jeune Sino-américain, expliquant qu’une bonne partie du texte d’environnement soit en anglais.

Mais en réalité, nous n’avons affaire ici qu’à la traduction brute du père Amiot (version de L’impensé radical) suivie de la version chinoise. Sans rien de plus : aucun texte additionnel n’est présent. Bref : aucun intérêt ! Pour rappel, nous avions présenté dans un précédent billet la version que nous recommandons.

Conclusion : passez votre chemin…

Source de l’image : photo de l’auteur

Prévision : Les éditions de L’art de la guerre vont fleurir

Une version sans le moindre intérêt !...

Une version sans le moindre intérêt !…

Une nouvelle édition papier de L’art de la guerre vient d’apparaître sur Amazon. Nouvelle version ? Oui et non. Il s’agit en réalité d’une composition CreateSpace, l’un des outils d’autopublication sur Amazon.

Il y a fort à parier que ce type d’éditions fleurira, tant le principe en est simple : l’ « auteur » n’a qu’à copier le texte libre de droits du père Amiot (ici dans la version de l’Impensé radical, théoriquement non libre de droits…). Puis le placer en autoédition sur Amazon. L’impression se faisant automatiquement à la commande. Au pire, c’est un flop et l’ « auteur » ne gagne rien. Avec un peu de chance, quelques personnes achèteront l’ouvrage ; cela paiera une pizza. Avec beaucoup de chance, éventuellement aidée par une habile communication sur le web, beaucoup de personnes l’achètent et c’est le jackpot… Et c’est sans parler de la possibilité de publier des éditions numériques sur Kindle et autre iPad.

Bien entendu, l’ouvrage évoqué ici, vendu 6,12 €, ne présente aucun intérêt par rapport aux autres vrais titres disponibles : la traduction est caduque et le texte est livré nu, sans le moindre commentaire. L’ « auteur » n’a même pas fait l’effort de mettre une couverture un peu attractive…

Mais l’autoédition via Createspace ne coûte rien. Je ne vois vraiment pas pourquoi d’autres personnes se priveraient de tenter leur chance en écumant le domaine public…

Source de l’image : photo de l’auteur

Sun Tzu : de l’Art de la guerre à l’art de diriger

La dernière transposition de L'art de la guerre au monde de l'entreprise

La dernière transposition de L’art de la guerre au monde de l’entreprise

Paru en août 2013 aux éditions Maxima, Sun Tzu : de l’Art de la guerre à l’art de diriger a l’ambition de « présenter de façon simple l’état d’esprit qui permet « d’édifier la configuration victorieuse », c’est-à-dire de prendre les « bonnes » décisions pour guider l’entreprise et ses troupes vers la victoire ». Bonne surprise : le pari est plutôt réussi.

L’auteure de ces 140 pages, Domitille Germain, est française. Consultante auprès de grandes entreprises (diplômée d’HEC), bonne connaisseuse de la Chine (titulaire d’un master en études chinoises), la lecture qu’elle nous propose du traité de Sun Tzu nous a paru être abordée sous un très bon angle :

Plus que des recommandations de l’action, l’Art de la guerre offre des clés de lecture sur le « processus » qui « a permis d’édifier la configuration victorieuse » : il décrit un état d’esprit plus que des tactiques. […] L’assimilation et la mise en pratique de cet état d’esprit permettent de développer des techniques, plans et tactiques appropriées à chaque situation. […] Après une bataille, il est facile de comprendre quelle a été la manœuvre ou la tactique gagnante, mais il est difficile de comprendre tout ce qui a précédé et qui a permis de façonner la situation pour la rendre gagnante. De même, s’il est facile de dire a posteriori ce qui a permis à une entreprise de se développer rapidement, il est plus ambitieux – et plus utile – de chercher à comprendre le processus qui lui a permis de prendre les « bonnes » décisions. Ma lecture de l’Art de la guerre propose donc de transposer pour l’usage des dirigeants ce processus qui mène aux décisions gagnantes, quelles que soient les circonstances.

Nous avons été agréablement surpris par le degré de compréhension du système suntzéen, inattendu dans ce type de transpositions. Les grandes idées sont présentes, et quelques commentaires font même preuve d’une certaine originalité, telles les raisons évoquées du succès de L’art de la guerre :

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L’art de la guerre par Victoria Charles… et Sun Tzu ?

L'art de la guerre, par Sun Tzu (???) et Victoria Charles

L’art de la guerre, par Sun Tzu (???) et Victoria Charles

Voici un ouvrage paru en juillet 2013 (et non pas septembre 2011 comme affiché sur Amazon…) aux éditions Parkstone International. Observez-le.

Lisez ensuite le quatrième de couverture :

Composé de textes d’écrivains célèbres rassemblés par Victoria Charles, cet ouvrage s’accompagne, en outre, du texte de référence de Sun Tzu, stratège militaire légendaire de Chine.

Que pensez-vous trouver ?

Le texte de L’art de la guerre ?

Pas du tout ! Le traité de Sun Tzu n’y figure pas…

Comme l’explique l’auteure en introduction :

Le titre de ce livre d’art n’est […] pas un hasard. Il a été intentionnellement choisi pour évoquer le général chinois et ses écrits. Bien que le but principal soit de présenter l’art qui a été inspiré par la guerre, il est également censé incarné – sans être exhaustif – une chronologie des batailles importantes et décisives dans l’histoire du monde.

Dès lors, qu’a-t-on ? Un livre d’art relatif aux grandes batailles de l’Histoire. Mais en aucun cas une nouvelle version du traité de Sun Tzu. Aucun rapport avec la superbe version illustrée parue en 2010 aux éditions Nouveau Monde.

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Une nouvelle version de L’art de la guerre… à éviter !

L'art de la guerre des éditions Ultraletters

L’art de la guerre des éditions Ultraletters

Une nouvelle édition de L’art de la guerre vient de paraître.

Vendue exclusivement sur Amazon au prix de 4,39 €, cette version ne présente absolument aucun intérêt !

La traduction est en effet celle du père Amiot, version de l’Impensé radical. Nous avons déjà expliqué pourquoi nous considérions cette traduction comme dévoyant totalement l’œuvre de Sun Tzu. Le texte est livré brut, sans le moindre supplément.

L’éditeur, Ultraletters, publie essentiellement des œuvres tombées dans le domaine public (et bien que cette version, nous l’avons vu, date de 1971…).

Pour cinq euros de plus, n’hésitez donc pas à vous offrir l’une des traductions que nous recommandons.

Source de l’image : photo de l’auteur

Sun Tzu en cahier central de Philosophie magazine

Le livret inclus dans le magazine

Le livret inclus dans le magazine

Le numéro de Philosophie magazine de ce mois-ci (67, mars 2013) propose plusieurs articles sur la pensée de Sun Tzu.

Un cahier central livre un article du sinologue Jean Lévi (traducteur et commentateur français de L’art de la guerre) ainsi que des extraits de sa traduction. Extraits copieux, puisque plus de la moitié des chapitres y figurent (1, 3 à 7 et 13). L’analyse que propose Jean Lévi de L’art de la guerre est, comme d’habitude, d’une très grande profondeur.

Quelques autres articles sont présents au sein du magazine, dont l’un du sinologue Rémi Matthieu. Le propos est intéressant, mais plus quelconque (pour qui s’intéresse déjà à L’art de la guerre). Les infographies et encadrés proposés ne présentent quant à eux guère d’intérêt.

Pour 5,50 €, inutile de bouder son plaisir…

Source de l’image : photo de l’auteur du cahier central de Philosophie Magazine

Sun Tzu en France, une étude de la réception de L’art de la guerre

Sun Tzu en France

Sun Tzu en France, le livre

Le premier livre issu de ce blog vient de paraître. Édité chez Nuvis, petite maison jeune et très dynamique, il est proposé sous forme papier (24 €) ou numérique (12 €).

L’ouvrage est préfacé par Jean-Pierre Raffarin. L’ancien Premier ministre entretient en effet un lien fort avec la Chine, lien qui l’a amené à étudier en profondeur ce grand traité stratégique.

Mais de quoi exactement parle le livre ?

Fruit d’une enquête minutieuse autant historique que philologique, Sun Tzu en France retrace l’histoire de la réception de ce traité en France, de la première traduction par un jésuite, le père Amiot, au XVIIIe siècle, aux toutes dernières parutions sorties, tant dans le domaine des livres papier que dans celui du numérique, de la bande dessinée ou même de la chanson. Une riche iconographie (l’ouvrage comporte près d’une centaine d’illustrations en couleur) complète le propos. A travers de très nombreux exemples, le travail des traducteurs est décortiqué pour expliquer comment il est aujourd’hui possible de trouver des préceptes totalement opposés d’une traduction à l’autre.

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Encore une nouvelle édition de L’art de la guerre !

Une édition dont on pourra se passer...

Une édition dont on pourra se passer…

L’année 2012 aura décidemment été très riche concernant les parutions de L’art de la guerre. Ce mois-ci, c’est une nouvelle version de poche qui nous est proposée pour 4,90 €.

Autant le dire tout de suite : elle ne présente aucun intérêt ! Il s’agit en effet de la traduction du père Amiot (version de l’Impensé radical) livrée brute, sans les notes de bas de page ni le moindre complément. Même la version des 1001 nuits, commercialisée 3 €, comporte plus de matériaux…

Autant rajouter 5 € et acquérir la traduction que nous jugeons la meilleure de toutes celles existantes : celle de Jean Lévi.

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Une version numérique qui sort du lot

L’art de la guerre illustré et annoté

Les versions numériques de L’art de la guerre sont nombreuses. Comme nous l’avions vu dans le billet Il n’y a pas que les livres papier !, quasiment toutes se basent sur une des traductions-avatars du père Amiot (Impensé radical ou Lucien Nachin). Seuls le prix (de gratuit à 10 € !…) et l’illustration de couverture les différencient. Il en paraît au moins une par mois. Mais la dernière version à être sortie, passée totalement inaperçue, présente pourtant du nouveau.

Baptisé « L’art de la Guerre (Illustré et Annoté) » cet ouvrage numérique disponible pour 2 € au format Kindle ou iBooks présente plusieurs caractéristiques inédites :

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Sun Tzu ou l’art de gagner des batailles

L’ouvrage de Bevin Alexander

Un livre majeur vient tout juste de paraître aux éditions Tallandier : Sun Tzu ou l’art de gagner des batailles, de l’Américain Bevin Alexander.

Il s’agit d’une traduction (signée Jacques Bersani) de l’ouvrage Sun Tzu at Gettysburg. Son auteur, Bevin Alexander, est un historien américain spécialiste de stratégie militaire. Paru en 2011, Sun Tzu at Gettysburg est son douzième et dernier ouvrage, le seul à avoir été traduit en français.

L’objectif que se donnent ces 296 pages est « de montrer que les chefs militaires qui, durant les deux derniers siècles, lors d’affrontements majeurs, ont suivi sans le savoir les axiomes de Sun Tzu ont connu le succès, tandis que ceux qui ne les respectaient pas étaient voués à la défaite, et quelquefois à des désastres ou à des catastrophes conduisant à la perte pure et simple de la guerre ». Pour cela, l’auteur a étudié neuf batailles à travers le prisme des enseignements de Sun Tzu : Saratoga (1777), Waterloo (1815), les campagnes de la guerre de Sécession de 1862, Gettysburg (1863), la bataille de la Marne (1914), la bataille de France (1940), Stalingrad (1942), la libération de la France (1944) et l’invasion de la Corée du Nord (Incheon, 1950).

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Le père Amiot enfin réédité

Couverture du fac-similé des éditions Hachette-BNF

L’Art militaire des Chinois est enfin disponible sous forme papier. Cet ouvrage du père Amiot comprend la toute première traduction hors du monde asiatique de L’art de la guerre.

Jusqu’à présent, ce texte de 1772 jamais réédité (hors 1782[1]) n’était plus disponible que dans quelques très rares bibliothèques (ou, beaucoup plus simplement depuis quelques années, sur Internet grâce à Gallica). Si une version retranscrite en français moderne était bien disponible depuis 2007 (celle d’Adrien Beaulieu dans son ouvrage – confidentiel – Investir en Chine – Guerre et Commerce), toutes les autres se revendiquant du père Amiot n’étaient, on l’a vu, jamais authentiques. Il est donc aujourd’hui enfin devenu possible de commander pour 17,48 € un fac-similé de ce petit bijou pour historien.

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La revue Guerres & Stratèges propose L’art de la guerre en cadeau

La revue Guerre & stratèges avec son supplément

Dans son numéro 4 de juillet-août-septembre 2012, la revue Guerres & Stratèges offre en cadeau un exemplaire de L’art de la guerre, le tout pour le prix de 6,95 €.

Nous ne nous prononcerons pas sur le contenu de la revue, ce n’est pas le propos de ce blog.

Par contre, sachez que la version fournie du traité de Sun Tzu est celle du père Amiot, ou plus exactement de l’Impensé radical (Cf. De l’imposture des traductions dites « du père Amiot »). Nous nous sommes déjà expliqués sur le fait que cette version ne pouvait selon nous être considérée comme satisfaisante. En outre, le texte est livré brut, sans aucun commentaire ni propos introductif. Il semblerait que nous ayons là l’édition papier d’une version iBooks mise en ligne en avril dernier. Même dans la revue il n’en est pas question.

Inutile, donc. Pour à peine 2,17 € de plus, autant acheter la meilleure des versions disponible, celle de Jean Lévi.

Source de l’image : photo de l’auteur

Parution de la première version numérique de qualité de L’art de la guerre

L’art de la guerre « enrichi » pour iPad

La première version numérique de qualité de L’art de la guerre vient de sortir ! (nous reviendrons sur cette affirmation dans un prochain billet)

Publiée chez Les Vidéoditeurs, le prix est de 10 €. L’objet n’est disponible que pour iPad (via l’application iBooks). Une vidéo de présentation assez accrocheuse est disponible ici.

La traduction proposée est celle de Valérie Niquet. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette première : d’habitude, il s’agit toujours d’une version du père Amiot, dont la qualité est… datée ! (Cf. notre billet Le père Amiot a-t-il réellement traduit Sun Tzu ?)

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Une nouvelle version de L’art de la guerre vient de paraître

L’art de la guerre illustré aux éditions Encore

Les éditions Encore viennent de faire paraître une « Nouvelle édition illustrée » de L’art de guerre.

Officiellement présentée comme « traduite du chinois par le père Amiot, version abrégée », nous avons en réalité là le texte de l’Impensé radical de 1971, duquel ont curieusement été retirés quelques paragraphes. La raison de ces coupes reste pour nous un mystère, sachant que cela ne peut être pour une question de place étant donné le gain de texte relativement faible au final.

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Parution de la troisième édition de la traduction de Valérie Niquet

L'art de la guerre par V. Niquet, version 2012

L’art de la guerre traduit par V. Niquet, version 2012

En février 2012 est parue aux éditions Economica une nouvelle traduction de L’art de la guerre. Plus exactement, il s’agit de la troisième édition de la traduction de Valérie Niquet.

Rappelons que Valérie Niquet fut la toute première à traduire le traité de Sun Tzu directement du chinois au français  (si l’on excepte le père Amiot en 1772, sachant que ce dernier se basait essentiellement sur un texte mandchou ; Cf. notre billet Le père Amiot a-t-il réellement traduit Sun Tzu ?). Si la première version de sa traduction avait été relativement critiquée, la seconde l’améliorait grandement. Pour cette troisième édition, ce ne sont plus que de petits ajustements qui viennent modifier le texte.

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