Sun Tzu prône-t-il la décorrélation du politique et du militaire ?

Le chef politique et le chef militaire

Sun Tzu se montre relativement radical vis-à-vis du rôle du souverain dans la conduite de la guerre :

« Un souverain peut être une cause de troubles pour l’armée de trois façons. Il entrave les opérations militaires quand il commande des manœuvres d’avance et de recul impraticables ; il trouble l’esprit des officiers quand il cherche à intervenir dans l’administration des trois armes alors qu’il en ignore tout ; il sème la défiance chez les hommes en cherchant à s’immiscer dans la distribution des responsabilités alors qu’il ne connaît rien à l’exercice du commandement. » (chapitre 3)

Cela signifierait-il que selon lui, pour retourner la formule de Clémenceau, la guerre serait une chose trop grave pour être confiée au politique ?

Absolument pas. Bien au contraire.

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Sun Tzu et les concubines du roi

Les concubines du roi

Connaissez-vous l’anecdote des concubines ?

Il s’agit d’une histoire légendaire mettant en scène Sun Tzu. Elle provient des Mémoires historiques de Sima Qian[1], ouvrage chinois majeur du Ier siècle av. J.-C. qui racontait sur 130 chapitres l’histoire de la Chine des temps mythiques jusqu’à l’empereur Wu des Han.

Le texte est donc très largement postérieur à l’écriture de L’art de la guerre. Il est en outre manifestement légendaire (les Mémoires historiques situent Sun Tzu au VIe av. J.-C. alors que l’on sait que le traité a été écrit deux siècles plus tard).

Mais cette anecdote est à peu près la seule histoire que l’on ait de Sun Tzu et, comme nous le verrons dans un prochain billet, elle présente un certain intérêt pour la compréhension de son traité.

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