Retour sur 2016

Une année de plus pour Sun Tzu…

Pas de « bêtisier Sun Tzu » en cette période de fêtes, mais une modeste rétrospective de fin d’année.

Comme maintenant chaque année depuis 1999 (à l’exception de 2002 et 2007), 2016 a vu apparaitre une nouvelle version de L’art de la guerre (une traduction de la version anglaise de Lionel Giles de 1910, aux éditions Guy Trédaniel). Quelques autres éditions sont sorties, comme toujours basées sur le texte du père Amiot ou de l’impensé radical. Inutile d’en faire état ici. Le volume d’articles transposant L’art de la guerre aux domaines les plus divers ne s’est quant à lui pas ralenti.

Sans qu’aucune promotion particulière ne soit faite, le fil Twitter Sun Tzu dit a atteint les 4000 abonnés. Rappelons que le 2000e avait été atteint il y a à peine plus d’un an ! Les citations les plus retweetées ont cette année été :

  • « Être obligé de faire preuve de la plus grande cruauté pour se faire craindre de ses hommes est la marque d’une grande incompétence. » (chapitre 9)
  • « Si j’ai décidé de combattre, l’ennemi ne pourra éviter l’affrontement, car je frappe là où il est obligé de se défendre. » (chapitre 6)
  • « La guerre est la grande affaire des nations. On ne saurait la traiter à la légère. » (chapitre 1)

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Un carnet de notes sur le thème de L’art de la guerre

Un très beau carnet de notes

Les éditions Contre-Dires viennent de faire paraître un bloc-notes entièrement accès sur L’art de la guerre de Sun Tzu.

Vendu 12,90 €, l’objet contient de très belles gravures chinoises et des citations de L’art de la guerre. Ces dernières proviennent de différentes traductions (Jean Lévi, père Amiot, traductions de l’anglais, etc.)

Notons qu’un autre carnet de notes était sorti en 2015, avec un concept différent : dénué d’illustrations, ses lignes étaient en réalité le texte complet de L’art de la guerre en version anglaise, écrit en tout petit !

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De Sun Tzu à Steve Jobs

Une histoire de la stratégie

Une histoire de la stratégie

Note liminaire : Comme d’habitude, nous n’étudierons cet ouvrage que du strict point de vue suntzéen. Ce billet n’est donc pas une critique du livre pris dans son ensemble.

L’ouvrage cherche à donner une vue succincte (nous sommes loin des références comme l’Anthologie mondiale de la stratégie, le Dictionnaire de stratégie et autre Traité de stratégie) et légère (le texte est parsemé de blagues…) de la stratégie. Cette dernière est d’ailleurs étudiée tant dans son aspect militaire (Machiavel, Clausewitz, Liddell Hart) qu’économique. Bruno Jarrosson est l’auteur ou co-auteur d’une vingtaine d’ouvrages tournant principalement autour de la stratégie d’entreprise.

Le chapitre sur L’art de la guerre ne constitue que 8 des 240 pages du livre. Agréable surprise par rapport aux dernières productions qui citent Sun Tzu sans l’avoir réellement lu : Bruno Jarrosson s’est manifestement réellement plongé dans L’art de la guerre. Les aspects du système suntzéen qu’il choisit de présenter ne trahissent pas la pensée du stratège chinois. L’auteur met en lumière cinq thématiques :

  • L’absence de hasard chez Sun Tzu ;
  • L’objectif de soumission de l’ennemi plutôt que sa destruction (même si nous avons une vision légèrement différente de cette question) ;
  • Le renseignement, dans une partie incorrectement nommée « Le shi et l’effet de levier » : l’auteur ne traite réellement de cette notion de forces régulières et extraordinaires que sur quelques lignes, tout le reste étant consacré au renseignement ;
  • La duperie (avec une illustration humoristique au rapport assez lointain) ;
  • L’harmonie. Cette partie est intéressante car nous en avons une perception différente. En effet, cette notion d’harmonie résulte, selon nous, plus d’une interprétation taoïste du traité que de ce que Sun Tzu a réellement écrit. « L’harmonie du monde » n’est pas altérée par les guerres, car l’activité guerrière est constitutive de l’espèce humaine. Même si nous n’adhérons pas à la lecture qu’en a Bruno Jarrosson, nous ne pouvons que nous réjouir de l’expression de ce point de vue.

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Sun Tzu, l’inventeur de la guerre hybride

Concept nouveau ou ?

Concept nouveau ou réchauffé ?

Le dernier numéro de la Revue Défense Nationale (mars 2016) est consacré à la guerre hybride. Dans un article, intitulé La « guerre hybride » : escroquerie intellectuelle ou réinvention de la roue ?, l’historien Laurent Henninger y fait remarquer que ce concept présenté comme novateur existe en réalité depuis fort longtemps. Il cite ainsi un ouvrage américain[1] où sont présentés neuf exemples historiques allant de l’Antiquité à la guerre du Vietnam, illustrant à quel point le principe de combinaison de forces régulières et irrégulières a couramment été mis en œuvre par le passé.

Mais il est possible de remonter encore plus loin dans le passé. Sun Tzu lui-même commandait en effet explicitement cette pratique :

« En règle générale, on use des moyens réguliers au moment de l’engagement ; on recourt aux moyens extraordinaires pour emporter la victoire. » (chapitre 5)

Nous avions évoqué cette idée maitresse du système suntzéen dans notre billet Des forces régulières et extraordinaires. Nous n’allons donc pas y revenir.

Le concept de « guerre hybride » voit se mêler la guerre dite conventionnelle (avec des armées régulières équipées d’armes de haute technologie) et la guerre dite non-conventionnelle (guérillas menées par des groupes armés irréguliers possédant un armement léger et relevant d’un niveau technologique très limité, milices, unités d’élites, etc.). Exactement ce que préconisait Sun Tzu.

Si bien sûr il n’est pas littéralement écrit dans L’art de la guerre que les forces doivent surfer sur les nouvelles technologies, nul doute que ses recommandations de tenir compte et de s’adapter à l’environnement (qui, à son époque, se résumait à la configuration du terrain et à la météorologie) seraient aujourd’hui déclinées au milieu cyber et aux différentes applications technologiques : GPS, téléphonie satellitaire, drones civils, … Même la guerre de l’information, composante des guerres hybrides, était prévue par Sun Tzu : l’activisme sur les réseaux sociaux pourrait ainsi être directement décliné des injonctions de désinformation de L’art de la guerre.

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Quatre bougies et un ralentissement

Quatre ans tout de même !...

Quatre ans tout de même !…

Sun Tzu France fête son quatrième anniversaire !

Nous sommes fiers d’avoir tenu l’aventure de la durée (quatre ans tout de même, cela commence à faire « vieux chêne » dans le monde des blogs…) et de la fréquence : un billet tous les six jours sans interruption – sauf le mois d’août.

La fréquentation a légèrement augmenté depuis l’année dernière. Le profil des personnes qui suivent réellement ce blog (et pas ceux qui y aboutissent suite à une requête Google) nous reste en revanche relativement obscur : qui peut réellement attendre le dernier billet d’un sujet aussi spécialisé et, pire encore, le lire dans son intégralité ?… Si vous faites partie de ce genre de psychopathes, n’hésitez pas à nous contacter : nous sommes réellement intéressés par comprendre ce qui vous intéresse dans ce blog !

Les billets les plus lus cette année ont été :

Durant les 15 jours qui ont suivi les attentats du 13 novembre dernier, la fréquentation du blog s’est fortement accrue ; 100 nouveaux profils sont venus s’abonner à notre fil Twitter Sun Tzu dit et certaines citations se sont vues retweetées un grand nombre de fois. La palme revenant à cette maxime postée le 22 novembre, retweetée 27 fois et mise en favoris sur 17 comptes  :

« Etre obligé de faire preuve de la plus grande cruauté pour se faire craindre de ses hommes est la marque d’une grande incompétence. » (chapitre 9)

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Un parc d’attraction sur Sun Tzu en Chine

Le parc culturel de Sun Tzu, à Guangrao

Le parc culturel de Sun Tzu, à Guangrao

Votre blog termine l’année sur une note festive, en annonçant l’ouverture prochaine d’un parc d’attraction chinois entièrement consacré à Sun Tzu !

Le parc se situera à Guangrao, dans la province de Shandong, où Sun Tzu serait né (nota : les villes de Binzhou et Huimin revendiquent également ce titre…). Un musée de Sun Tzu y réside déjà.

Ce ne sera pas le premier parc chinois consacré à Sun Tzu, mais celui-ci promet d’être assez immense.

Plus d’informations sur le site http://www.china-suntzu.com/

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Une nouvelle conférence mondiale sur Sun Tzu

La première conférence américaine sur Sun Tzu affichant une ambition internationale

La première conférence américaine sur Sun Tzu affichant une ambition internationale

Après avoir évoqué la semaine dernière le cycle de conférences en cours à Paris sur L’art de la guerre de Sun Tzu, signalons que l’année 2016 verra la création aux Etats-Unis d’une conférence annuelle sur la même thématique. Elle ne sera pas le premier évènement à revendiquer une portée mondiale sur le sujet : un symposium, se réunissant à fréquence chaotique, existe déjà en Chine depuis 1989[1]. Mais la localisation étatsunienne devrait rendre cet évènement plus accessible aux occidentaux.

La conférence est organisée par Thomas Huynh, rédacteur de Sonshi.com, site consacré à l’exploitation des enseignements de Sun Tzu, et auteur d’une traduction américaine de L’art de la guerre parue sous le titre The Art of War — Spirituality for Conflict.

La conférence aura lieu le 27 février à Nashville (Tennessee), au sein de l’université de Vanderbilt. Le droit d’entrée est fixé à 250 $ (188 $ pour les inscriptions avant le 31 décembre 2015).

Les interventions annoncées sont :

  1. « Comparison of shark strategies and Sun Tzu strategies » par Robert Cantrell, auteur de Understanding Sun Tzu on the Art of War.
  2. « How Sun Tzu’s Art of War has helped the fight for democracy and civil rights in the Deep South » par Marvin Kramer, ancien procureur.
  3. « The Art of Health — debunking the myth of modern healthcare and how the principles in Sun Tzu’s Art of War help to achieve the best results in healthcare through preventive strategies » par le Dr Kevin Chan, médecin.
  4. « How 900 disadvantaged young girls were empowered by The Art of War’s principle of emotional control » par Jodi Wing, auteur de The Art of Social War.
  5. « Antifragility and Sun Tzu’s Art of War in Practice » par Si Alhir, coach et consultant.
  6. « The role of ancient strategic narratives in modern business strategy » par Kaihan Krippendorff, auteur de Outthink the Competition.
  7. « Embodying Sun Tzu: Lessons from a Martial Arts Master » par Becky Sheetz-Runkle, auteur de Sun Tzu for Women.
  8. « Understanding and Misunderstanding Sun Tzu’s Art of War » par Peter Lorge, auteur de Chinese Martial Arts: From Antiquity to the Twenty-First Century.
  9. « Sun Tzu’s Art of War for success at work and at home » par Thomas Huynh (précédemment évoqué).

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Six conférences sur Sun Tzu à Paris

Le professeur Aoyu WEI donnant la première conférence du cycle

Le professeur Aoyu WEI donnant la première conférence du cycle

Dans le cadre de ses « Dialogues entre la civilisation chinoise et la civilisation européenne », le Centre culturel de Chine à Paris organise six conférences sur L’art de la guerre de Sun Tzu, de décembre 2015 à mai 2016.

Autour du thème général « Sun Zi, L’Art de la Guerre et le management », les sujets traités seront les suivants :

  • Mardi 1er décembre à 19h : Introduction de « l’Art de la Guerre » : un livre qui ne traite pas que de la guerre ; Sun Zi et la philosophie taoïste ; Sun Zi et la pensée confucéenne ; Sun Zi et l’école légiste ; une façon de penser systémique ; la notion du soft power.
  • Mercredi 13 janvier à 19h : Sun Zi et la culture stratégique chinoise : questions géostratégique, géopolitique, géoéconomique ; la vision stratégique chinoise et son application en Asie, en Afrique et en Amérique latine dans les années 1960 à 1980.
  • Mardi 16 février à 19h : Sun Zi et « L’Art de la Guerre » dans le monde occidental, ses spécificités par rapport à Carl Von Clausewitz, ses influences sur les stratèges européens et américains au XIXe siècle et au XIXe siècle.
  • Lundi 14 mars à 19h : « L’Art de la Guerre » et ses applications dans le domaine des stratagèmes : « Les Trente Six stratagèmes » et dans la littérature de la guerre « Les Trois Royaumes » et « Au Bord de l’Eau », et même dans « Pèlerinage à l’Ouest ».

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L’impensé radical n’a pas reproduit le texte du père Amiot

N'en déplaise à l'éditeur, ce texte n’est pas du père Amiot

N’en déplaise à l’éditeur, ce texte n’est pas du père Amiot

[Note : la couleur est nécessaire pour lire ce texte.]

Après avoir étudié les différences existant entre le texte originel du père Amiot et sa déclinaison par Lucien Nachin en 1948, étudions maintenant la reprise que fit L’impensé radical en 1971.

Le substrat est indubitablement le texte du jésuite : s’il se trouve bien quelques maximes reformulées, sans doute pour apparaitre dans un français plus contemporain, il ne s’agit toutefois ici que de modifications sporadiques, sans rapport avec l’ampleur des changements opérées par Lucien Nachin. Le texte de base est sensiblement identique à celui de 1772.

« De base », car il se voit affublé de nombreux ajouts d’origines diverses. Une partie provient d’insertions dans le corps du texte de commentaires que le père Amiot faisait figurer en notes de bas de page. Par exemple, au chapitre 11, alors que le texte originel de 1772 était :

Veillez en particulier avec une extrême attention à ce qu’on ne sème pas de faux bruits, coupez racine aux plaintes, aux murmures, ne permettez pas qu’on tire des augures sinistres de tout ce qui peut arriver d’extraordinaire ; aimez vos troupes, procurez-leur tous les secours, tous les avantages, toutes les commodités dont elles peuvent avoir besoin.

… celui de L’impensé radical devient :

Veillez en particulier avec une extrême attention à ce qu’on ne sème pas de faux bruits, coupez racine aux plaintes et aux murmures, ne permettez pas qu’on tire des augures sinistres de tout ce qui peut arriver d’extraordinaire.
Si les devins ou les astrologues de l’armée ont prédit le bonheur, tenez-vous-en à leur décision ; s’ils parlent avec obscurité, interprétez en bien ; s’ils hésitent, ou qu’ils ne disent pas des choses avantageuses, ne les écoutez pas, faites-les taire.
Aimez vos troupes, et procurez-leur tous les secours, tous les avantages, toutes les commodités dont elles peuvent avoir besoin.

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2000e abonné au fil Twitter Sun Tzu dit

La tendance de l’année : Sun Tzu vu comme un guerrier ?

La tendance de l’année : Sun Tzu vu comme un guerrier ?

Le cap du 2000e abonné vient d’être franchi pour notre fil Twitter postant deux fois par jour (à 7h00 et à 17h00) une citation de Sun Tzu.

Alors que la progression du nombre d’abonnés était relativement linéaire depuis sa création en mars 2012, une accélération s’est faite ressentir en début d’année 2015. Les attentats de Charlie Hebdo n’y sont peut-être pas étrangers : pendant plusieurs mois, la majeure partie des nouveaux venus affichait un profil arabo-musulman (alors que les profils non occidentaux provenaient jusque là quasi-exclusivement d’Afrique francophone), dont une frange présentant ouvertement une incitation au jihad.

Doit-on y lire une évolution dans la perception de Sun Tzu ? Depuis sa véritable découverte en Occident, L’art de la guerre s’est essentiellement révélé une source d’inspiration pour l’entreprise et la société civile. Se pourrait-il qu’apparaisse un renouveau du stratège chinois vu comme une icône guerrière ? Après la déferlante d’adaptations à tous les domaines imaginables que nous avons connue ces dernières années, le temps est peut-être venu de publier un « L’art de la guerre pour les militaires » …

Terminons avec les citations les plus retweetées depuis le début de l’année : Lire la suite

Deadpool : L’art de la guerre

Sun Tzu et Deadpool : mariage improbable pour un résultat incertain...

Sun Tzu et Deadpool : mariage improbable pour un résultat incertain…

Un nouvel OVNI vient d’apparaitre dans l’univers de Sun Tzu : le comics « Deadpool : L’art de la guerre ».

Cette bande dessinée est un mélange surprenant entre les aventures « normales » du super-héros trash Deadpool et le traité de Sun Tzu…

Créé en 1991, Deadpool est un personnage relativement décalé de l’univers Marvel (humour permanent, mises en abyme, etc.). L’annonce de son adaptation en film (la sortie est programmée pour février 2016) a provoqué ces derniers mois une déferlante de traductions en France. C’est dans ce cadre que ce croisement improbable avec Sun Tzu arrive sur nos côtes, moins d’un an après sa parution outre-Atlantique.

L’histoire ? Fort de son expérience de combattant, Deadpool tombe sous le charme de L’art de la guerre et décide d’étudier sa mise application en provoquant une guerre entre Thor et son frère Loki, puis entre Loki et la Terre entière… Cette trame narrative permet à l’anti-héros d’égrainer les conseils de Sun Tzu, soit à l’un des participants, soit en voix off pour expliquer une défaite ou une victoire.

Les préceptes de L’art de la guerre sont assez souvent malmenés : parfois pris dans un sens très réducteur, ils sont même par endroits compris de travers, quand ils ne sont tous simplement pas écartés ! Nous sommes très loin des bandes dessinées entièrement consacrées à Sun Tzu comme celle de Wang Xuanming ou de Tsai Chih Chung.

Signé Peter David pour le scénario et Scott Koblish pour le dessin, ce comics de 96 pages est vendu 13 € aux éditions Panini. Il comprend l’aventure complète, originellement parue aux Etats-Unis en 4 numéros de décembre 2014 à mars 2015, et inclut en bonus une aventure de 8 pages datant de 2008 (sans rapport avec l’histoire précédente). La couverture est rigide et le papier de qualité. Il est au passage amusant de constater le flou artistique des Américains entre la Chine et le Japon (toutes les illustrations de couverture sont des pastiches de peintures japonaises…)

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L’art de guerre réimprimé

Tout simplement la meilleure édition disponible !

Tout simplement la meilleure édition disponible !

Une nouvelle édition de L’art de la guerre vient-elle de paraitre ? Non : la mention « Inédit » figurant sur la couverture est trompeuse : le texte est la copie conforme de la traduction de Jean Lévi parue en 2000 ; seule la couverture a été changée.

Cette mue est une simple conséquence de l’intégration en 2010 d’Hachette Littératures et de sa collection de poche « Pluriel » à Fayard (autre maison du groupe Hachette).

Rappelons que cette version du traité de Sun Tzu, l’une des très nombreuses sur le marché, est tout simplement celle que nous trouvons la meilleure !

Bonne nouvelle : le prix baisse, passant de 9,20 € à 6,90 €, ce qui rend ce livre totalement incontournable, même face aux multiples versions du père Amiot qui apparaissent et disparaissent régulièrement. Par pur souci d’esthétisme, il est juste regrettable que cette mention du prix soit imprimée en pastille jaune sur la couverture, donnant presque une impression de livre premier prix alors qu’il s’agit véritablement du meilleur, selon nous, disponible en langue française.

Mais ne boudons pas notre plaisir : l’ouvrage est toujours disponible (alors que d’autres versions de qualité ont disparu), et à un prix totalement scandaleux au regard du formidable travail effectué par Jean Lévi…

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Visualiser L’art de la guerre : Une nouvelle traduction française de Sun Tzu

Oublions les schémas, ne gardons que le texte

Oublions les schémas, ne gardons que le texte

Nous avions en son temps signalé la sortie de The art of war visualized de Jessica Hagy. Cinq mois seulement après sa parution outre-Atlantique, l’ouvrage arrive traduit sur nos côtes.

Nous nous étions à l’époque montré dubitatif vis-à-vis de cette représentation graphique des propos de Sun Tzu, sous-titrant d’ailleurs notre billet « Un OVNI énigmatique ». Notre opinion s’est consolidée depuis, et nous ne voyons aujourd’hui vraiment pas qui cette transposition pourrait intéresser…

L’ouvrage de Jessica Hagy ne peut en effet déjà pas être considérée comme une transcription graphique de L’art de la guerre, comme le sont les bandes dessinées. Il s’agit plus exactement d’une interprétation sous forme de diagrammes et schémas d’une sélection de propos de Sun Tzu. « Sélection », car le traité n’est pas rendu dans son intégralité, des maximes aussi fondamentales que « Toute guerre est basé sur la tromperie » passant purement et simplement à la trappe.

Mais surtout, l’impression qui ressort de l’étude des schémas de Jessica Hagy est plus celui d’un flash artistique, limite psychédélique, que d’une véritable transcription graphique d’un propos. En effet, la représentation qu’en donne l’illustratrice est bien souvent inattendue, et le rapport avec le texte originel lointain : Lire la suite

L’art de la guerre traduit par Philip J. Ivanhoe

Une très bonne version de L'art de la guerre.

Une très bonne version de L’art de la guerre.

Une nouvelle traduction française de L’art de la guerre vient de paraître aux éditions Synchronique.

Il s’agit de la traduction française (signée Aurélien Clause) de la version américaine de Philip J. Ivanhoe parue en 2011. Ce dernier est professeur de philosophie à l’Université de Hong-Kong et a servi dans sa jeunesse chez les Marines.

Le texte présenté apparait de bonne facture et nous n’y avons rien décelé de surprenant comparé aux autres versions françaises du texte.

L’introduction de Philip J. Ivanhoe présentant l’environnement du traité chinois est complète et synthétique. La partie intitulée « idées centrales » relative à une véritable interprétation du système suntzéen expose une vision intéressante, axée sur quelques idées précises. Elle souffre toutefois de menues erreurs de traduction en français des concepts militaires (« point critique » au lieu de « point de bascule », « formation de l’espace de combat » au lieu « façonnage du champ de bataille » …). Au final, on ne pourra que regretter la trop grande brièveté de cette partie.

Il est dommage que l’index qui figurait dans la version américaine n’ait pas été repris dans la version française.

Le texte est présenté brut, les quelques notes explicatives étant renvoyées en fin d’ouvrage. Nous aurions préféré qu’elles soient incorporées en bas de page pour faciliter la lecture, comme dans la version originale, mais le très petit format du livre ne le permettait sans doute pas.

Le livre lui-même est en effet plus petit qu’un traditionnel livre de poche. Sa couverture rigide fermée par un bandeau élastique marque-page, son papier glacé, son dessin de couverture et ses illustrations intérieures en couleur (pour la plupart œuvres de Giuseppe Castiglione, jésuite-peintre du XVIIIe siècle, peu avant le père Amiot) en font un objet relativement esthétique.

Au final, une version de L’art de la guerre tout à fait correcte et de surcroit élégante. 12,90 € en librairie.

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Le Point sur Sun Tzu

Sun Tzu en référence des thématiques « Manipuler » et « Vaincre »

Sun Tzu en référence des thématiques « Manipuler » et « Vaincre »

Le dernier hors-série Références du magazine Le Point titre, entre autres sur Sun Tzu : listé en compagnie de Machiavel, La Fontaine, Clausewitz, Trinquier et Mao, le stratège chinois est mis en avant pour illustrer la thématique « Séduire, manipuler, vaincre… ».

Ce hors-série est principalement constitué d’extraits d’œuvres (25 au total), chacune d’entre elles étant présentée par un court article. Dans le cas de Sun Tzu, celui-ci (signé Francis Simonis) reprend une bonne partie des thèmes présentés dans ce blog (ce dont ne peut que se féliciter). L’extrait de L’art de la guerre placé en vis-à-vis de l’article est le chapitre 1 dans son intégralité, dans sa traduction de Jean Lévi. C’est un excellent choix, la tendance étant de recourir à la traduction du père Amiot, beaucoup moins fidèle. Mais comme il ne s’agit là que d’un extrait, les coûts ont sans doute été réduits voir nuls pour le magazine.

A l’instar d’un ouvrage comme le Vade-mecum des situations conflictuelles  que nous avions récemment recensé [lien), le principe des recueils de textes liés par une même thématique nous parait intéressant, car permettant entre autre d’identifier les spécificités d’un auteur donné et de constater l’état de l’art à son époque (même si, dans le cas Sun Tzu, il est absurde de prétendre qu’il aurait par exemple pu se nourrir de L’Odyssée d’Homère pourtant écrit plusieurs siècles avant lui ; de même le traité de Sun Tzu n’a réellement été connu des Occidentaux qu’à la fin du XXe siècle, et était donc étranger à la quasi-totalité des 24 autres auteurs sélectionnés).

Cet aspect de référence de Sun Tzu se note d’ailleurs au moment où L’art de la guerre vient d’être listé par le magazine Time comme l’un des neuf ouvrages que tout manager devrait avoir lu. Une liste très américaine au demeurant :

1) The Effective Executive de Peter F. Drucker
2) The One Minute Manager de Kenneth H. Blanchard
3) Les fourberies de Dilbert de Scott Adams (Dilbert and the Way of the Weasel)
4) The Age of Unreason de Charles Handy
5) L’art de la guerre de Sun Tzu
6) Don’t Bring It to Work de Sylvia Lafair
7) Le Prince de Machiavel
8) Les 21 lois irréfutables du Leadership de John C. Maxwell (The 21 Irrefutable Laws of Leadership)
9) Comment se faire des amis et influencer les autres de Dale Carnegie (How to Win Friends & Influence People)

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The art of war visualized, un OVNI énigmatique

Une entreprise qui a le mérite de l'originalité

Une entreprise qui a le mérite de l’originalité

[Mise à jour du 10 mai 2015 : La version française de cet ouvrage est annoncée aux éditions Marabout par le site Amazon pour le 19 août 2015]

Il n’est pas dans le principe de ce blog de mentionner les parutions en langue anglaise en rapport avec Sun Tzu. Pourtant, nous allons faire ici une exception, tant le sujet s’avère inattendu.

The art of war visualized est une transcription en infographies concises de L’art de la guerre. Ce qui est impressionnant, c’est que ce ne sont pas quelques préceptes qui sont ainsi transposés, mais l’intégralité du traité ! Plus de 200 croquis aspirent ainsi à illustrer la traduction anglaise de Lionel Giles.

Nous ne faisons pas face ici à une quelconque version en bandes dessinées de L’art de la guerre. Ce que nous avons là, ce sont des schémas minimalistes se voulant très synthétiques, tracés d’une façon imitant la précipitation. Le résultat est visuellement réussi et se laisse agréablement regarder.

Jessica Hagy ne se contente toutefois pas d’une transposition graphique mécanique des préceptes de Sun Tzu. Elle semble livrer une véritable vision de sa lecture du traité, comme l’illustre l’exemple ci-dessous :

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L’art du grand n’importe quoi

Sun Tzu aurait-il vraiment cautionné cela ?

Sun Tzu aurait-il vraiment cautionné cela ?

Un article intitulé « Petit manuel de cyberguerre économique d’après Sun Tzu » est paru dans le numéro 24 des Grands dossiers de Diplomatie magazine. Ce texte est très intéressant, car il est la parfaite illustration que l’on peut écrire à peu près n’importe quoi en se recommandant de Sun Tzu. L’auteur s’est en effet ici essayé à rédiger un « Art de la guerre appliqué à la cyberguerre économique » ; et le résultat est plutôt édifiant pour qui connait un tant soit peu le traité de Sun Tzu. A titre d’exemple, voici comment l’auteur de l’article transpose à sa thématique le chapitre 12 de L’art de la guerre :

  1. De l’art d’attaquer par le feu

Il ne faut pas hésiter à « faire feu » en face d’attaques non conventionnelles et dénoncer sans scrupules les internautes qui ne respectent pas les conditions générales d’utilisation édictées par un média. Par exemple, nous recommandons la dénonciation des faux profils ou usurpations d’identité aux administrateurs d’un site (Facebook, Twitter, Wikipédia, etc.) De même, le recours à un arsenal juridique en cas de diffamation ou d’attaques illégales doit faire partie des solutions envisagées.

Nous invitons le lecteur à se replonger dans ce 12e chapitre (très bref : moins de 500 mots) pour réaliser à quel point la transposition citée ici n’a absolument aucun rapport avec les idées développées par Sun Tzu. L’auteur s’est simplement appuyé sur le titre du chapitre, « attaquer par le feu », et a laissé libre cours à son imagination. Et ne croyez pas qu’il s’agit là d’un contre-exemple : tout l’article est de la même trempe !

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Ceci n’est pas une nouvelle édition de L’art de la guerre

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Cet opuscule n’est pas forcément celui qu’on croit.

Librio, célèbre éditeur de titres à 3 €, vient de publier en janvier un ouvrage intitulé « L’art de la guerre » et sous-titré « De Sun Tzu à de Gaulle, Vade-mecum des situations conflictuelles ». L’ayant rattaché à sa collection « Philosophie », l’éditeur semble vouloir laisser croire qu’il s’agit là du traité de Sun Tzu. Ce n’est pourtant pas exactement le cas. Ce que nous trouvons s’avère bien mieux ! Plutôt qu’une n-ième version du père Amiot (la seule libre de droit qui permettrait de proposer un tel prix), nous avons affaire ici à un recueil d’extraits de textes ayant trait à l’art de la guerre. Si l’ensemble est censé être lié par le thème du traitement des situations conflictuelles, ce n’est là qu’un prétexte pour mettre bout à bout neuf extraits d’œuvres classiques. Concernant L’art de la guerre de Sun Tzu, 5 des 13 chapitres sont reproduits (les six premiers, sauf le deuxième), malheureusement dans leur version du père Amiot/Impensé radical. La sélection d’auteurs est relativement convenue (Clausewitz, Machiavel, de Gaulle, …), sauf un ; on pourra en effet trouver original de voir figurer Proust dans la liste (un passage du Côté de Guermantes où figure un dialogue sur le caractère scientifique ou artistique de la guerre).

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Sun Tzu France attaque sa 4e année d’existence

L'aventure se poursuit

L’aventure se poursuit

Comme chaque début d’année, nous nous démarquons en ne consacrant pas un billet à vous présenter nos vœux, mais à célébrer notre anniversaire… Trois années se sont en effet écoulées depuis notre tout premier billet Sans la marine, tout devient possible ! [1].

Nous allons prochainement atteindre la barre des 200 billets publiés. Les sujets ne manquent toujours pas, et nous avons déjà suffisamment d’idées en tête pour remplir une année au rythme d’écriture que nous nous sommes fixés d’une publication tous les six jours. Sans compter que l’actualité de Sun Tzu ne faiblit pas et que nous nous faisons fort de la suivre, au moins pour sa partie française. Ce rythme soutenu nous oblige bien souvent à livrer des billets mal finis, peu affinés, et qui mériteraient une sérieuse relecture s’ils devaient être publiés sur un support moins évanescent qu’un blog. Mais c’est justement parce qu’ils n’ont pas cette contrainte de polissage que nous arrivons à tenir le rythme de production.

Les billets les plus lus cette année ont été :

Les deux premiers billets étant très loin devant les autres (un facteur 6 de fréquentation entre le premier et le cinquième).

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La guerre moderne selon Sun Tzu

Le dossier noir du terrorisme

Le dossier noir du terrorisme

Un ouvrage vient de paraître : Le dossier noir du terrorisme, d’Hugues Eudeline. Son sujet, l’analyse du phénomène terroriste, n’est pas l’objet de ce blog. Nous ne traiterons donc pas le livre sur son fond, que nous maitrisons d’autant plus mal que nous n’avons pas de vision précise de ce qui a déjà été dit sur lui. Toutefois, le sous-titre ne pouvait passer inaperçu à nos yeux : « La guerre moderne selon Sun Tzu ».

L’ouvrage se donne en effet pour ambition d’ « utiliser une grille de lecture du terrorisme, à la lumière de la pensée stratégique de Sun Tzu » (p. 258). Les préceptes de L’art de la guerre reviennent en effet assez fréquemment dans le texte, et plusieurs citations (issues de la traduction de Samuel Griffith) viennent de-ci de-là appuyer une idée. Sans constater de dévoiement de la pensée du stratège chinois, nous avons surtout ici le phénomène très courant du picorement de citations de Sun Tzu pour appuyer une idée. Mais pas de réelle déclinaison de sa pensée à l’action terroriste : le sujet du sous-titre, « la guerre moderne selon Sun Tzu », ne nous semble ainsi pas réellement traité. C’est dommage, car le thème ne manque pas d’intérêt. Jamais véritablement étudié en France, les rapports entre Sun Tzu et terrorisme l’ont un peu plus été aux Etats-Unis[1]. Même si nous avons récemment commencé à l’effleurer dans notre billet paru sur le blog U235, Les combattants de Daech, disciples de Sun Tzu ?, le sujet mériterait une véritable étude.

Rendez-vous pris pour en jeter les bases un jour prochain sur ce blog…


[1] Concernant les rapports entre Sun Tzu et terrorisme, on pourra notamment lire le dernier chapitre intégralement consacré à ce sujet de Sun Tzu and the Art of Modern Warfare, de Mark McNeilly, ou des articles comme The art of terrorism, what Sun Tzu can teach us, de Caleb M. Bartley, ou Sun Tzu’s theory of war for understanding the outcomes of terrorist campaigns, d’Andrew Torelli.

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Le premier numéro de Guerres et batailles traite de Sun Tzu

Un petit dossier consacré à Sun Tzu

Un petit dossier consacré à Sun Tzu

Une nouvelle revue consacrée à l’histoire militaire vient de paraître : Guerres et batailles dans l’Histoire du Monde. Arrivant sur un marché déjà pléthorique sur le sujet, ce bimestriel de 100 pages fait la part belle aux illustrations. Et un article sur Sun Tzu y figure !

Nous nous garderons de le commenter, votre serviteur en étant l’auteur. L’article se prolonge par un large extrait de L’art de guerre : les trois premiers chapitres au complet, dans leur traduction du Père Amiot.

Bonne chance, donc, à ce nouveau-né.

5,90 € chez tous les marchands de journaux.

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Sun Tzu, le jeu

Le jeu Sun Tzu sorti en 2010 revient dans une édition « Deluxe »

Le jeu Sun Tzu sorti en 2010 revient dans une édition « Deluxe »

Alors que nous avions vu que Sun Tzu pouvait être considéré comme une icône de la culture populaire, peu de jeux ont cependant explicitement pris pour thème L’art de la guerre[1]. En 2010 paraissait toutefois aux éditions Matagot une petite boîte proposant à deux joueurs de s’affronter dans l’univers de Sun Tzu. Épuisé depuis peu, ce jeu nous revient aujourd’hui dans une version « Deluxe ». L’occasion d’en faire le tour.

Nous avons là est un jeu de plateau / jeu de cartes de type Risk. Si l’on remonte un peu l’histoire, il s’agit d’une transposition en français d’un jeu américain paru en 2005 sous le nom « Dynasties ». Le passage à la version française l’a beaucoup plus fortement raccroché au thème de Sun Tzu.

L’univers servant de cadre au jeu est donné pour être celui des Printemps et des Automnes (nous ne reviendrons pas sur la réalité historique de l’appartenance de Sun Tzu à cette période). Un joueur incarne Sun Tzu, du royaume de Wu, et l’autre le roi de Chu ; les pouvoirs spéciaux de chacun sont différents, mais le jeu est équilibré et l’attribution de ces rôles n’a en pratique aucune conséquence. Les illustrations des cartes du jeu sont l’œuvre de Rolland Barthélémy, dessinateur français emblématique des années 80-90. Si elles agrémentent et enjolivent indubitablement le jeu, il ne faut guère s’attacher à leur réalité historique : les personnages et costumes représentés ne sont qu’une vision fantasmée de la Chine antique, certaines scènes sont totalement anachroniques (ex : la cavalerie, qui n’existait pas à cette époque) et la carte de Chine avec ses cinq provinces n’est qu’ « inspirée » de la réalité du moment. Mais ce n’est pas là le plus important.

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L’art de la guerre a désormais son parfum

Le parfum

Le parfum

Le parfumeur français Jovoy vient de sortir une fragrance pour homme dont l’univers se réfère – partiellement – au traité de Sun Tzu. Si la plaquette de présentation ne fait aucune allusion à une origine chinoise, voire asiatique, le texte joue sur la notion de guerre pour la transposer au monde de la séduction :

En amour comme à la guerre, il y a des armes que nous utilisons pour arriver à nos fins qui sont plus redoutables que d’autres… Dans l’art de séduire, le parfum bien sûr, est redoutable d’efficacité, surtout quand il vient éveiller en nous la mémoire.

L’univers créé pour ce parfum n’est pas le premier à associer L’art de la guerre au domaine de la séduction : l’ouvrage de Pierre Fayard, Sun Tzu – Stratégie et séduction, est intégralement consacré à cette question. D’autres écrits plus directement ciblés sur la séduction masculine existent, comme The Art of War for dating d’Eric Rogell.

Etant relativement ignares dans le domaine, nous nous garderons bien de nous prononcer sur le produit en lui-même : sa senteur. Le concept olfactif est présenté comme « boisé » et relevant de la fougère car, explique le dossier de presse, « un homme la porte par ce même exercice de mémoire, ici nostalgique, là en conquérant, viril, sûr de lui. »

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Le pire livre sur Sun Tzu ?

Aujourd'hui, n'importe qui peut publier n'importe quoi...

Aujourd’hui, n’importe qui peut publier n’importe quoi…

Nous nous étions juré de ne plus recenser les livres sans intérêt issus de publication à la demande. Nous allons pourtant faire ici une exception, en raison du caractère exceptionnel d’une perle : L’art de la guerre régime, du « docteur Lee Quan ».

Un bon exemple valant mieux qu’un long discours, la toute première phrase du livre devrait parler d’elle-même :

Ecrit dans la plus grosse siècle, L’Art de la Guerre régime reste le travail le plus célèbre sur luttant graisse supplémentaire et de brûler les livres loin.

Vous comprenez sans doute mieux pourquoi le titre du livre ne vous avait pas paru totalement explicite : nous avons à faire à une traduction automatique d’un texte chinois, sans la moindre relecture ! Nous pouvons imaginer derrière cette publication les doigts d’un adolescent chinois qui tente sa chance en publiant des textes traduits automatiquement, en différentes langues, des fois que cela marcherait… L’anonymat du web encourage cet aplomb éhonté.

Ce « livre », vendu 4,51 € uniquement (exclusivement ?…) sur plateforme Kindle, flirte avec les limites du système de publication à la demande : le fait que tout le monde puisse publier, que l’on puisse désormais se passer du filtre des éditeurs, rend réellement possible l’édition de n’importe quoi, même d’ouvrages qui n’en sont pas ! Certes, cela n’est pas grave en soit, comme cela pourrait par exemple l’être dans le cas de diffusion de propagande dangereuse ou de diffamations malveillantes. Ces textes polluent juste l’offre, en accroissant (un peu) la difficulté à discerner le bon grain de l’ivraie.

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Sun Tzu France souffle sa deuxième bougie

Sun Tzu Janus, Oliver Laric, 2012, at Tanya Leighton, Berlin 2

Sun Tzu est toujours aussi dynamique

Deuxième année d’existence de ce blog. Nous sommes toujours actifs et, pour notre plus grande joie, nous tenons toujours le rythme d’une publication minimum par semaine. En parallèle, le millième abonné du compte Twitter Sun Tzu dit va bientôt être atteint. Bref : un succès inattendu pour un sujet aussi spécialisé.

Ces six derniers mois, les billets les plus populaires auront été :

L’actualité concernant Sun Tzu est toujours aussi forte, et se développe même grâce à l’arrivée de nouveaux canaux de diffusion. Et notre étude du traité petit pas par petit pas n’en est qu’à ses débuts : nous avons encore énormément à dire sur le sujet. Bref, si le blog doit s’arrêter, ce ne sera pas faute d’inspiration…

Les sept prochains billets seront, sauf actualité, exclusivement consacrés à la reprise de l’étude comparée entre Sun Tzu et Clausewitz que nous avions entreprise l’année dernière. Notre réflexion ayant muri (et ayant aussi relu Clausewitz…), nous allons approfondir un certain nombre de thématiques qui vont nous permettre, par ce jeu de comparaisons, de mieux percer les spécificités du système suntzéen.

 Source de l’image : « Sun Tzu Janus », Statue d’Oliver Laric

Une nouvelle publication à la demande de L’art de la guerre

Une nouvelle version CreateSpace sans intérêt

Une nouvelle version CreateSpace sans intérêt

Nous nous étions récemment engagés à ne plus recenser les éditions de L’art de la guerre qui sortiraient en édition à la demande. Nous considérons en effet que dans le cas du traité de Sun Tzu, ce type de création n’a vocation qu’à publier la version du père Amiot, en théorie libre de droit (mais en réalité non), sans valeur ajoutée. Nous allons pourtant ici déroger à ce principe, intrigués que nous avons été par l’annonce d’un texte bilingue français-chinois.

Le présent ouvrage est bien un produit CreateSpace (vendu 7,46 € sur Amazon). Curieusement, il est réalisé par un jeune Sino-américain, expliquant qu’une bonne partie du texte d’environnement soit en anglais.

Mais en réalité, nous n’avons affaire ici qu’à la traduction brute du père Amiot (version de L’impensé radical) suivie de la version chinoise. Sans rien de plus : aucun texte additionnel n’est présent. Bref : aucun intérêt ! Pour rappel, nous avions présenté dans un précédent billet la version que nous recommandons.

Conclusion : passez votre chemin…

Source de l’image : photo de l’auteur

La série télé L’art de la guerre est en préparation

Hu Mei réalisera la série

Hu Mei réalisera la série

Une série télévisée d’ambition internationale basée sur L’art de la guerre de Sun Tzu pourrait bientôt voir le jour. Le tournage débuterait en juillet 2014. La série serait entièrement tournée en Chine, en anglais. La postproduction se ferait à Montréal et la distribution serait assurée par Flamingo Features.

La série serait produite par l’Américano-Canadien Michel Shane (Arrête-moi si tu peux, I, robot, …), qui ambitionnerait de faire collaborer le gouvernement chinois et les studios japonais Genco (Tokyo Godfathers, …). Collaboration audacieuse lorsque l’on connaît les relations actuellement « fraiches » que les deux pays entretiennent. Taro Maki, président de Genco, aurait expliqué que cette collaboration était le fruit du « respect mutuel qu’ont les deux pays pour Sun Tzu et son chef-d’œuvre ».

La série aurait pour thème la vie de Sun Tzu et l’histoire de son époque (la guerre entre les Etats de Wu et de Chu). Chaque épisode devrait être dirigé par un réalisateur différent, l’ensemble étant coordonné par la Chinoise Hu Mei (surtout connue pour sa direction du Confucius sorti en 2010).

Jusqu’à présent, les seules séries relatives à Sun Tzu était exclusivement chinoises (la plus connue étant Bing Sheng). Et bien sûr, cette série n’a aucun rapport avec le film dont nous avons récemment relaté la préparation.

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Prévision : Les éditions de L’art de la guerre vont fleurir

Une version sans le moindre intérêt !...

Une version sans le moindre intérêt !…

Une nouvelle édition papier de L’art de la guerre vient d’apparaître sur Amazon. Nouvelle version ? Oui et non. Il s’agit en réalité d’une composition CreateSpace, l’un des outils d’autopublication sur Amazon.

Il y a fort à parier que ce type d’éditions fleurira, tant le principe en est simple : l’ « auteur » n’a qu’à copier le texte libre de droits du père Amiot (ici dans la version de l’Impensé radical, théoriquement non libre de droits…). Puis le placer en autoédition sur Amazon. L’impression se faisant automatiquement à la commande. Au pire, c’est un flop et l’ « auteur » ne gagne rien. Avec un peu de chance, quelques personnes achèteront l’ouvrage ; cela paiera une pizza. Avec beaucoup de chance, éventuellement aidée par une habile communication sur le web, beaucoup de personnes l’achètent et c’est le jackpot… Et c’est sans parler de la possibilité de publier des éditions numériques sur Kindle et autre iPad.

Bien entendu, l’ouvrage évoqué ici, vendu 6,12 €, ne présente aucun intérêt par rapport aux autres vrais titres disponibles : la traduction est caduque et le texte est livré nu, sans le moindre commentaire. L’ « auteur » n’a même pas fait l’effort de mettre une couverture un peu attractive…

Mais l’autoédition via Createspace ne coûte rien. Je ne vois vraiment pas pourquoi d’autres personnes se priveraient de tenter leur chance en écumant le domaine public…

Source de l’image : photo de l’auteur

Sun Tzu : de l’Art de la guerre à l’art de diriger

La dernière transposition de L'art de la guerre au monde de l'entreprise

La dernière transposition de L’art de la guerre au monde de l’entreprise

Paru en août 2013 aux éditions Maxima, Sun Tzu : de l’Art de la guerre à l’art de diriger a l’ambition de « présenter de façon simple l’état d’esprit qui permet « d’édifier la configuration victorieuse », c’est-à-dire de prendre les « bonnes » décisions pour guider l’entreprise et ses troupes vers la victoire ». Bonne surprise : le pari est plutôt réussi.

L’auteure de ces 140 pages, Domitille Germain, est française. Consultante auprès de grandes entreprises (diplômée d’HEC), bonne connaisseuse de la Chine (titulaire d’un master en études chinoises), la lecture qu’elle nous propose du traité de Sun Tzu nous a paru être abordée sous un très bon angle :

Plus que des recommandations de l’action, l’Art de la guerre offre des clés de lecture sur le « processus » qui « a permis d’édifier la configuration victorieuse » : il décrit un état d’esprit plus que des tactiques. […] L’assimilation et la mise en pratique de cet état d’esprit permettent de développer des techniques, plans et tactiques appropriées à chaque situation. […] Après une bataille, il est facile de comprendre quelle a été la manœuvre ou la tactique gagnante, mais il est difficile de comprendre tout ce qui a précédé et qui a permis de façonner la situation pour la rendre gagnante. De même, s’il est facile de dire a posteriori ce qui a permis à une entreprise de se développer rapidement, il est plus ambitieux – et plus utile – de chercher à comprendre le processus qui lui a permis de prendre les « bonnes » décisions. Ma lecture de l’Art de la guerre propose donc de transposer pour l’usage des dirigeants ce processus qui mène aux décisions gagnantes, quelles que soient les circonstances.

Nous avons été agréablement surpris par le degré de compréhension du système suntzéen, inattendu dans ce type de transpositions. Les grandes idées sont présentes, et quelques commentaires font même preuve d’une certaine originalité, telles les raisons évoquées du succès de L’art de la guerre :

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L’art de la guerre par Victoria Charles… et Sun Tzu ?

L'art de la guerre, par Sun Tzu (???) et Victoria Charles

L’art de la guerre, par Sun Tzu (???) et Victoria Charles

Voici un ouvrage paru en juillet 2013 (et non pas septembre 2011 comme affiché sur Amazon…) aux éditions Parkstone International. Observez-le.

Lisez ensuite le quatrième de couverture :

Composé de textes d’écrivains célèbres rassemblés par Victoria Charles, cet ouvrage s’accompagne, en outre, du texte de référence de Sun Tzu, stratège militaire légendaire de Chine.

Que pensez-vous trouver ?

Le texte de L’art de la guerre ?

Pas du tout ! Le traité de Sun Tzu n’y figure pas…

Comme l’explique l’auteure en introduction :

Le titre de ce livre d’art n’est […] pas un hasard. Il a été intentionnellement choisi pour évoquer le général chinois et ses écrits. Bien que le but principal soit de présenter l’art qui a été inspiré par la guerre, il est également censé incarné – sans être exhaustif – une chronologie des batailles importantes et décisives dans l’histoire du monde.

Dès lors, qu’a-t-on ? Un livre d’art relatif aux grandes batailles de l’Histoire. Mais en aucun cas une nouvelle version du traité de Sun Tzu. Aucun rapport avec la superbe version illustrée parue en 2010 aux éditions Nouveau Monde.

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