Quelle traduction retenir ?

La version que nous recommandons

Des lecteurs de ce blog nous l’ont fait remarquer, nous nous référons toujours à la traduction de Jean Lévi dès lors qu’il s’agit de citer Sun Tzu. Pourquoi ce choix ?

Nous allons reprendre le cheminement qui nous a conduit à cette préférence.

La question étant « quelle traduction nous conseillez-vous ? », l’objectif est d’arriver à un titre unique et non pas une sélection de « bons » parmi lesquels vous aurez à faire à votre choix : vous ne seriez guère plus avancé. Evidemment, l’exercice pourra toujours être critiqué, mais il s’agit là de l’objectif que nous nous fixons.

Pour parvenir à cette discrimination parmi la trentaine de versions existantes, nous procèderons par élimination.

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Sun Tzu prône-t-il la décorrélation du politique et du militaire ?

Le chef politique et le chef militaire

Sun Tzu se montre relativement radical vis-à-vis du rôle du souverain dans la conduite de la guerre :

« Un souverain peut être une cause de troubles pour l’armée de trois façons. Il entrave les opérations militaires quand il commande des manœuvres d’avance et de recul impraticables ; il trouble l’esprit des officiers quand il cherche à intervenir dans l’administration des trois armes alors qu’il en ignore tout ; il sème la défiance chez les hommes en cherchant à s’immiscer dans la distribution des responsabilités alors qu’il ne connaît rien à l’exercice du commandement. » (chapitre 3)

Cela signifierait-il que selon lui, pour retourner la formule de Clémenceau, la guerre serait une chose trop grave pour être confiée au politique ?

Absolument pas. Bien au contraire.

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Sun Tzu et les concubines du roi

Les concubines du roi

Connaissez-vous l’anecdote des concubines ?

Il s’agit d’une histoire légendaire mettant en scène Sun Tzu. Elle provient des Mémoires historiques de Sima Qian[1], ouvrage chinois majeur du Ier siècle av. J.-C. qui racontait sur 130 chapitres l’histoire de la Chine des temps mythiques jusqu’à l’empereur Wu des Han.

Le texte est donc très largement postérieur à l’écriture de L’art de la guerre. Il est en outre manifestement légendaire (les Mémoires historiques situent Sun Tzu au VIe av. J.-C. alors que l’on sait que le traité a été écrit deux siècles plus tard).

Mais cette anecdote est à peu près la seule histoire que l’on ait de Sun Tzu et, comme nous le verrons dans un prochain billet, elle présente un certain intérêt pour la compréhension de son traité.

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De l’(in-)utilité des transpositions de L’art de la guerre

Sun Tzu s’applique vraiment à tous les domaines…

Pour faire suite à notre billet Pourquoi trouve-on autant de transpositions de L’art de la guerre ?, si nous avions déjà évoqué les ouvrages transposant Sun Tzu à d’autres domaines que celui militaire (médecine, séduction et développement personnel féminin, …), force est de constater que ce genre d’articles pullule sur Internet. Aucun thème ne semble épargné : management, entretien de recrutement, survivalisme, insertion professionnelle, médias sociaux, sécurité des systèmes d’information, jeu d’échecs, gestion des risquesstratégie thérapeutiqueguerre de l’information, management appréciatif, etc. etc.

Nous sommes personnellement assez critiques vis-à-vis de ce genre d’articles. En effet, l’attitude béni-oui-oui consistant à montrer que L’art de la guerre est applicable au champ d’étude concerné en ne transposant qu’une sélection des préceptes de Sun Tzu nous paraît particulièrement creuse et stérile. Nous considérons ainsi qu’il n’y a pas de réel intérêt à cette démarche : le lecteur de Sun Tzu n’apprendra rien, pas plus que l’amateur (et encore moins le spécialiste) du sujet concerné, qui restera également sur sa faim puisqu’il ne trouvera là que de grandes généralités sans aucun développement véritablement concret et novateur.

Nous avons toutefois identifié deux cas où cet exercice pouvait se révéler intéressant :

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L’art de la guerre en bande dessinée

L’art de la guerre en BD de Wang Xuanming

Si la bande dessinée n’est aujourd’hui plus cantonnée au rôle de divertissement pour enfants et est reconnue comme pouvant être un vecteur sérieux et artistique de transmission d’une histoire, il n’y a en revanche rien d’évident à ce que la transposition d’un traité militaire puisse tirer bénéfice de ce support. Sur les trois versions existant actuellement en français, nous allons voir qu’une seule présente à nos yeux de l’intérêt.

L’art de la guerre a connu de très nombreuses adaptations en bandes dessinées dans les pays asiatiques, mais seules deux sont parvenues en France. Il s’agit de « manhuas », c’est-à-dire de bandes dessinées chinoises[1].

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Les années 2000 et la folie Sun Tzu

Sun Tzu est partout ! Paris Hilton lisant L’art de la guerre

Les années 2000 (à partir de 1999 pour être exact) marquèrent la véritable explosion de Sun Tzu en France. Alors que, nous l’avons vu récemment, seulement quatre traductions différentes étaient proposées au lecteur en 1998, nous en sommes à plus de vingt en 2012 ! (Cf. notre billet Combien de versions différentes ?). Sans explication apparente, 1999 marqua le déclenchement de cette frénésie où pratiquement chaque année vit apparaître au moins une nouvelle traduction. De même, nombre d’articles sur Sun Tzu furent écrits à partir de cette date (surtout il est vrai en transposition au monde de l’entreprise). Enfin, l’essor d’Internet permit également la prolifération d’articles et de billets mis en ligne sur tout type de blogs.

Nous aurions logiquement pu présenter les parutions par ordre chronologique, mais ce choix nous a paru peu pertinent car chaque nouvelle édition de L’art de la guerre sortait de façon relativement indépendante de celles qui l’avaient précédée. Aussi nous a-t-il semblé plus judicieux de regrouper ces parutions par type :

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